‹ La race sémitiqueChapitre 139 sur 246 · Lois de Manou^ 1. XI · texte numérisé non relu

Lois de Manou^ 1. XI

sur les bords du Nil, lors de l'avènement du nouvel ApiSy et des amours supposés ou réels de Pasiphaë et d'un taureau ^ , il était permis d'aimer une vache ; et si notre devoir d'historien-philosophe ne nous forçait à remuer cette pourriture, comme le médecin qui, pour dévoiler le crime à la justice des hommBs et au mépris de l'univers, plonge ses mains frémissantes dans un horrible cadavre rongé parles vers, nous n'oserions reproduire cet article qui ferait trembler d'horreur même un libre-penseur :

tt L'homme qui a répandu sa semence avec des femelles d'animaux, excepté la vache^ ou avec une femme ayant ses règles, ou dans toute autre partie que les naturelles, ou dans l'eau, doit faire la pénitence de Sântapana*. »

Pénitence aussi ignoble que dérisoire qui consiste à manger, pendant un jour, de Turine et de la bouse de vache mêlées avec du lait, du caillé, du leurre clarifié (!) et de Teau bouillie avec du kousa, puis jeûner un jour et une nuit.

Moyennant quoi l'Aria pouvait se livrer à ses plus bestiales passions... et mériter l'admiration enthousiaste du naïf M. Marins Fontane.

La vache faisait tout naturellement exception. Cette brute, considérée chez les Arias, aussi bien que chez les Egyptiens, comme un être supérieur, un dieu, procurait trop d'honneur à l'homme en consentant à s'unir à lui ' ,

1 . Voir plus haut. — « On dit q^ue dans la plus haute antiquité (en Ârianie), il y eut un immortel qui s'accoupla avec un veau ; ce veau mit un fils au monde, et depuis le nom oe Veau resta à la fa— . mille. » Foè Eouè kl, ch. XXXVl, n. 10.— Voir aussi les AmtAMTS du Roi des lions avec la Fille d'un rot de l'Inde, Foè Kouè ki, ch. XXXVIII, n. 1.

2. Le commentateur prétend sans preuve à l'appui de son affirmation, mie l'approche de l'homme et de la vache était punie de la

Keine de Prâdjftpatja. Mais il n'y a rien dans le texte ae la loi de [anou qui le dise. Au reste, cette peine de Prâdjftpatja comme celle de Sântapana était dérisoire.

3 . Graetz, Histoire des Juifs ^ ch. 1 . Chez les Egyptiens, c les animaux étant réputés dieux, partant supérieurs à rhomme, avoir commerce avec eux était chose ordinaire qui n'entraînait ni punition ni déshonneur. » P. 17 de la trad. de Wogue.

pour que celte alliance eacourûl le plus petit blâme de la part de la loi. Au reste c'était parfaitement dans l'esprit des mœurs ariennes et égyptiennes.

Et dire que les libres-penseurs se voilent la face et rougissent de pudeur effarouchée en lisant les livres saints :

« Ce texte (celui de la Bible), qui oserait le mettre aux mains d'un enfant ? Quelle femme osera dire qu'elle l'a lu sans baisser les yeux? ^ »

Ah 1 Molière I ce n'est pas que pour les faux dévots que tu as écrit Tartufe !

Comprenez-vous un charlatan qui s'ébahirait et crierait haro au docteur qui plonge le bistouri et la sonde dans une plaie gangrenée et fait jouer le scalpel pour sauver le malade 1 Est-ce que, pour nettoyer les écuries d'Augias, Hercule pouvait faire autrement que de mettre le pied dans le fumier qui empestait l'air? Pour interdire les turpitudes, les infamies, les monstruosités dans lesquelles, à cette époque, toute la terre était plongée, est-ce que Moïse pouvait n'en pas parler, ne pas les livrer à la réprobation des honnêtes gens et jeter sur elles, comme les savants le font à l'égard des lois païennes, un voile mensonger et hypocrite?

Si l'Aria se livrait à l'amour des autres animaux, il devait faire la pénitence de Sântapaua*. Cette pénitence, comme nous T avons dit, consistait à « manger, pendant îinjour, de Turine et de la bouse de vache mêlée, avec du lait, du caillé, d\i beurre clarifié (!) et de l'eau bouillie avec du kousa, puis jeûner un jour et une nuit ^ . »

Eh bien ! qu'en doit penser le naïf M, Marins Fontane? avail-il vraiment sa tête sur ses épaules quand il a écrit ceci des Arias?

« Les femmes aryennes peuvent être belles impunément, l'Arya ne sépare pas le beau plastique du beau moral! »

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