Lois de Manou, 1. XI
a Les pensées aryennes sont pures ; les amours aryennes sont chastes ; et c'est pourquoi dès les premières heures védiques, les Aryas, race numaine privilégiée, improviseront des hymnes que nulle poésie ne surpassera, créeront un type de famille supérieure, formeront un groupe national dont l'organisation, d'une admirable simplicité, pourrait être le système social préférable! ^»
Ah I Monsieur Marins Fontane, l'Âria ne sépare pas le beau plastique du beau moral 1 les amours ariennes sont chastes l Où diable avez-vous vu œla? Et vous prétendez faire une histoire universelle?
Mais c'est à n'y pas croire I mais il y a donc dans les lobes du cerveau d un libre-penseur une dose de fatuité naïve dont nous autres chrétiens nous n'avons pas dldée ? Car enfin, ou vous ne connaissez pas le premier mot du peuple aria, ou vous nous avez supposés bien crédules ? Pas tant que cela, Monsieur, nous croyon^ aux choses vraies et logiques, mais il n'est pas facile de nous faire prendre un chardon pour une rose. La vérité c'est que ce peuple avait hérité de toutes les infamies grecques et Cretoises venues avec Danaûs des basfonds de l'EgjnDte et contre lesquelles Moïse, que les compagnons de Danaûs et de Cadmus n'avaient pas eu le courage de suivre, avait réagi avec toute la sublimité que lui communiquait l'inspiration divine. Aussi, voyez l le châtiment de ce lâche abandon n'avait pas tardé à s'abattre sur leurs tètes ; pendant qu'en Judée, l'égalité la plus idéale, la morale la plus pure régnaient parmi les Hébreux, pendant que les lois du Sinaï, sous 1 égide divine, protégeaient le faible contre le fort, à Sparte, à Athènes, à Cnosse, àRome,sur les bords de l'Indus, l'aristocratie la plus ef&oyable écrasait le faible entre les serres toutes puissantes d'une caste sans vergogne; l'immoralité la plus crapuleuse avilissait les cœurs ; les pratiques les plus dégoûtantes abâtardissaient les âmes ; l'apatisse-
1. Marius Fontane, Histoire universelle t l'Inde védique, chapitre VII.
ment des esprits fut chez les Ârias poussé si loin, que la femme s'élançait, à la mort de son mari, sur le bûcner qui réduisait en cendre sod cadavre, dans la crainte, disait la loi, que si la femme survivait à son époux, elle ne fût tentée durant sa vie de Tempoisonner pour en prendre un plus jeune.
Cette coutume avait pris naissance en Ethiopie, où les amis du roi mouraient avec lui, ou perdaient les mêmes membres que lui quand il devenait estropié * .
« Il était en usage (chez les Ârias) que les femmes se biUlaient avec le corps de leurs maris morts. Cette loi fut imposée chez ce peuple en conséquence du crime d'une femme qui avait empoisonné son mari'.»
« Cet usage vient, dit-on, de ce qu'autrefois les femmes qui avaient de jeunes amants abandonnaient leur mari ou s'en débarrassaient par le poison ^ »
Strabon ajoute qull ne croit pas que cette loi ait jamais existé, comme il a mis en doute l'existence du mont Méros et la connaissance de l'écriture chez les Arias ; cette loi est aussi attestée par Elien et Plutarque ^ et malheureusement il n'y a aucun doute qu'elle n ait été *
mise en pratique. Elle existait aussi chez les Crestoniens % où c'était la femme la plus aimée qui avait cet affreux privilège, tandis que chez les Arias celle qui devait périr avec l'époux mort était tirée au sort*. Cette loi s'est répercutée jusqu'à nous ; les Anglais ont tout fait pour la déraciner sans y parvenir complètement et les sacri- ^
fices humains sous toutes les formes y sont encore dans leur hideux épanouissement.
a Aujourd'hui même, malgré les louables efforts des Anglais, les sacrifices humains sont encore en usage