L. de Mauou, 1. IX
LES ARIâS — LOIS, MŒURS ET COUTUMES 169
bûcher de son mari, puisqu'à la mort de ce dernier elle t0Q)bait S0U8 la dépendance de ses enfants.
La femme est considérée comme un être inférieur qui n'a que des mauvais penchants, la perversité au cœur, le désir de Tinconduile, Tamour de la concupiscence. Elle doit être privée de la connaissance des lois et des prières expiatoires; aussi les maris devront-ils mettre toute leur attention à la surveiller; voilà comment une loi de protection de la Bible est devenue une loi de despotisme en passant chez les Arias \ Ce qui n'a pas empêché ce grand innocent de M. Marins Fontane d'écrire :
« La femme est T égale de Thomme, incontestablementy fiancée puissante par les attraits, épouse bienaimée, maîtresse au logis^. »
Voilà pourtant ce que c'est que d'écrire l'histoire d'un peuple sur des airs de mirliton. Mais Michelet avait dit avant lui : « l'Inde primitive des Védas nous donne la famille dans h^ pureté naturelle, et l'incomparable noblesse que nul âge n'a pu dépasser '. » Et en excellent mouton de Panurge il lui faut emboîter le pas. Ce pauvre écrivain connaît si peu l'histoire des Arias qu'il s'écrie :
« La corruption ronge le corps sacerdotal. Les cérémonies complètement théâtrales, pleines de mystérieuses minuties menées, liées sottement à des nombres sacrés, sont devenues grossières, sanglantes, hideuses, bêtes \ »
Eh bien, jamais il n'y a eu de corps sacerdotal en Arianie ; le prêtre y a toujours été inconnu : il y existait un corps de nobles, gui seul avait le droit d'ofiTrir des sacri-* fices, et de produire Agni, le feu sacré, par le frottement d'Arani ; mais cela se faisait au domicile du Brahmane ; pas d'église, pas de temple d'aucune espèce ; le seul culte