Légende de Gaudama, ch. VIII
Phra se sépara encore des Brahmanes, dans l'adoration des dieux. La théogonie grossière des Arias ne pouvait séduire un esprit aussi puissant, et la niaiserie de leur religion fut un de ses arguments les plus irréfutables pour établir sa doctrine ; il est vraiment regrettable qu'il n'ait pas su s'élever jusqu'à la connaissance du vrai Dieu, créateur de toutes choses, et si ses raisonnements spécieux devaient avoir raison facilement des pratiques ridicules d'un culte insensé, cette doctrine laissait le cœur et l'esprit absolument vides et refoulait les aspirations humaines vers un avenir riieilT. leur comme un cauchemar sans réveil.
a II commença par repiXKîher au Rathi d'enseigner à ses disciples le culte des montagnes, des arbres, des ri-^ vières et de tout ce qui existe dans la nature. Il l'initia ensuite à la connaissance des quatre grandes vérités. Eggidata voyant la vérité, se convertit immédiatement avec tous ses disciples '. d
Il écrasa le polythéisme idiot des Arias, mais il le remplaça par Tathéïsme navrant du savant. Aux yeux de la raison humaine, c'était peut-être un progrès, mieux vaut ne rien adorer du tout que de rendre un culte ridicule à des objets, à des corps insensibles ; mais selon la raison absolue, ce n'était remplacer l'ignorance stupide du peuple le plus aveugle de la terre que par le vide orgueilleux de l'esprit humain ; les Arias rendaient à la matière des hommages qui ne sont dus qu'àDieu, Sakya Mouni refusait au Créateur de lui rendre les hommages que la créature lui doit. Aussi nous dirons du paganisme indou et des libres-penseurs de l'Asie, ce que Plutarquo a dit avec tant de justesse, il y a deux mille ans, du paganisme de l'Egypte et des athées de ce pays :
9 Mais le plus grand nombre des Egyptiens en adorant les animaux eux-mêmes, en les entourant d'hommages, comme si c'étaient des dieux, n'ont pas seulement