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Légende de Gaudama, ch. VIIF

208 LA RACB SÉMITIQUE

chargé leur liturgie de pratiaues ridicules et bouffonnes, ce qui est le moindre mal de toutes ces absurdités ; ils ont encore donné lieu à des opinions funestes qui ont fait succomber, sous la superstition la plus grossière, les esprits faibles et sans malice, et qui ont développé Y Athéisme 9 avec ses plus farouches théories, chez K s hommes énergiques et audacieux *. »

C'est là le rôle que voudraient jouer parmi nous les libres-penseurs ; mais la situation est à mille lieues d*êlre la même ; Gaudama n'avait qu'à pétrir un peuple courbé sous des pratiques absurdes et ridicules et écrasé sous le talon despotique d'une aristocratie corrompue, vaniteuse, cruelle, despotique et farouche, il lui était facile de recueillir des prosélites en leur montrant, au nom de la science, toute la stupidité qu'il y avait à adorer des objets, astres, arbres ou montagnes, qui ne pouvaient avoir aucune influence sur leurs destinées et en ouvrant les bras à des malheureux qui étaient écrasés par de tout puissants maîtres, comme en leur faisant entrevoir un repos éternel, succédant à ces transmigrations sans lin, auxquelles l'homme infortuné était à tout jamais livré, étemel cycle dans lequel tournait la terrible destinée des humains , effroyable et perpétuel cauchemar qui empoignait, dans ses serres impassibles, la victime à sa naissance et ne l'abandonnait même pas à sa mort. Il n'en est pas ainsi pour les libres-penseurs de nos jours; ils offrent bien le néant, comme les librespenseurs de l'Inde, mais ce néant vient remplacer une promesse de récompense éternelle aux bons, après une seule existence vertueuse ou terminée par un sincère repentir, et des punitions aux méchants qui ont pu écnapper aux lois des hommes durant leur existence ou qui ont été protégés par elles et qui sont morts exilés du repentir.

Il n'y a donc que les hommes absolument pervers qui puissent désirer le néant ; ceux qui ayant commis de tels crimes et qui éloignés de toute croyance religieuse,

i . Plutarque, sur Isis et Osiris, 71.

se rient jusque dans la tombe de la justice divine. Pleureusement ils sont en bien petit nombre parmi nos sociétés chrétiennes, musulmanes et juives.

De plus, les libres-penseurs n* ont pas à renverser, tout au moins en France, une aristocratie qui n'existe pas. Gaudama, relativement parlant, avait la raison de son côté ; M. Renan et ses adeptes, absolument parlant, n'ont que la déraison. Ensuite le génie de Sakyamouni était à mille coudées au-dessus de celui du libre-penseur français. Un aigle à càié à'unQ autruche \ sans jeu de mots.

Il est bien facile à l'Athéisme d'avoir raison du polythéïsme qui n'est qu un tissu de folies, mais il échouera toujours en face du monothéisme, parce que le mensonge n'a pas de prise sur la vérité.

Phra était-il sincère quand il racontait toutes les aventures qui lui étaient arrivées dans des existences précédentes, comme' par exemple lorsqu'il dit que : « Dans une existence antérieure, étant un àmu/'*, il avait retiré d'un passage embourbé, un chariot lourdement chargé, pour sauver la propriété d'un Brahmine et réjouir son cœur? t Evidemment non; si bercé qu'il ait été, dans les langes de la métempsycose, il pouvait bien y croire eu général, mais personnellement il savait bien que tout ce qu'il affirmait comme lui étant arrive dans des existences précédentes, n'était qu'un mensonge, son intelligence était trop élevée pour qu'il ne sût pas, s'il l'av>ait jugé utile à son système et à son ambition, se débarrasser de ces folles superstitions ; mais il n'était pas possible et il n'est pas admissible au'il allât jusqu'à croire sérieusement que tels ou tels faits lui étaient arrivés, dans d'autres vies, comme il le narrait toujours à ceux qu'il voulait amener à lui. Il était donc de mauvaise foi, et en cela il ne violait pas le code de Manou % il suivait le précepte de T apôtre du

1 . Renan, comme nous l'avons déjà dit, vient de l'hébreu, Ranarit qui signifie chanter, crier. Autruche et grenouille.

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