Hérodote, 1. III, XXXVIIl
ZOROASTBE 219
une portion des Indiens qui avaient horreur de l'incinération. Et il est certain que ces Indiens abandonnaient les cadavres des leurs aux animaux carnivores, comme il est avéré qu'ils ne les brûlaient pas ; et cependant avant Zoroastre il est constant que la loi de Manou qui ordonnait d'enterrer les enfants et de brûler les grandes personnes était observée dans toutes les Indes.
Il est donc certain que c'est sous le règne de Darius et avant la publication des livres d'Hérodote, c'est-à-dire 456 ans avant J.-C. que Zoroastre à opéré sa scission avec les Brahmanes. Itlt alors nous arrivons à une date presq[ue précise car c'est entre 522 et 456 ans avant l'ère clirétienne que flotte la naissance de TAvesta.
Nous avons dit que Zoroastre avait eu à cœur de renverser toutes les lois principales des Arias pour en donner d'autres qui sont empreintes dans toutes leurs parties, dans le fond comme dans la forme, d'une colère, d'une haine, d'une fureur qui ne peut se contenir ; jamais parti n'a imprimé un revirement plus violent dans les mœurs d'un pays ; toutes les lois, toutes les coutumes, tous les rites des Dévas (Brahmanes) sont sapés, attaqués, renversés, remplacés ou tout au moins modifiés. Les protestants de la réforme, les révolutionnaires de 93 n opérèrent qu'une volte face modérée et anodine comparée à celle du farouche réformateur Arien.
Nous venons de citer deux lois, celle concernant les alliances, et celle ayant trait aux morts, nous devrons en ajouter un grand nombre d'autres, qui parfois seront d'un ridicule qui, ainsi que nous l'avons observé, ne peut s'expliquer que par Vidée de satire violente dont Ëoroastre voulait flageller la loi de Manou qu'il remplaçait ; telle est par exemple la loi concernant la taille des ongles et des cheveux : le Gode de Manou ordonnait à l'anachorète de porter toute sa chevelure et de ne pas se couper les ongles ; déjà Boudha avait réagi contre cette loi, mais Zoroastre va beaucoup plus loin et dans sa haine contre les Dévas il ne craint pas de tomber dans la niaiserie, probablement en voulant atteindre tout à la fois de son fouet les Brahmanes et les Boudhistes, mais principalement ces derniers.
230 LA kàce sémitique
« Lorsque sur celte terre visible, on met en ordre sa chevelure, on se coupe les cheveux, on se taille les ongles.
a Et qu'on en fait tomber les débris dans les maisons pour le malheur (des hommes).
« Car lorsque ces actes coupables se commettent, les Dévas se rassemblent sur la terre ;
« Les animaux nuisibles se rassemblent sur la terre,
« Les animaux destructeurs que l'homme appelle vermine,
c Qui dévorent le grain dans les greniers, les habits dans les vestiaires.
« C'est pourquoi, toi, Zarathustral sur cette terre visible, soigne ta chevelure, coupe tes cheveux, taille tes ongles,
« Mais après cela porte les débris à une distance de dix pas des fidèles,
« A vingt pas du feu, à trente pas de Teau, à cinquante pas du Bareçma formé selon la loi.
« Là tu creuseras trois trous (profonds) d*un dUU, si la terre est dure ;
« D'im vitasti si elle est molle.
« Jettes-y les débris.
« Puis prononce, ô saint Zarathustral ces paroles victorieuses : aê qyâi, elc.
« Forme alors trois, six ou neuf cercles autour de ces trous, en l'honneur de Khshatra- Vairya ^ .
a Et récite quatre, six ou neuf fois i'Ahunavairya* . »
Evidemment cette loi serait absurde au suprême degré si ce n'était pas une satire dirigée contre les deux autres sectes principales du groupe Arias. Notons en passant qu'elle établit que les Boudhistes existaient avant les Mazdéens.
11 en est de môme pour toutes les lois qui condamnent le coupable à tuer des myriades d insectes; elles seraient ridicules si elles ne visaient pas les Brahmanes ' et les Boudhistes qui en étaient arrivés au point d'avoir
1 . Ne serait-ce pas ici les deux et troisième clasaes des Arias symbolisées? les Kchatriyas et les Vaisras.