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Lois de Manou, 1. XI

ZOROASTBB 231

toujours pendue à leur côlé une passoire, afin de ne pas être criminels en mangeant un insecte quelconque.

Il s'en va naturellement que Zoroastre ordonna les plus cruels châtiments, contre ceux qui prêchaient l'abstinence des Brahmanes et des Boudhistes.

Certes, il n'est pas tendre, qu'on en juge ; on sent là toute la haine du sectaire :

« Et celui aussi qui frappe l'Ashemoagha impur qui enseigne l'abstinence d'aliments.

« Dès que celui-ci commet le premier de ses crimes et pas (seulement) à la seconde fois.

a Lorsqu'on lui voit commettre ce crime en ce monde visible,

c Qu'on entaille son (corps) entier avec des lames de fer,

a Et (qu'on châtie] plus encore ce corpâ livré à la perdition,

« Si on lui voit commettre un crime semblable dans ce monde visible ,

c Qu'on lie tous ses membres de liens de fer,

c Et qu'on châtie plus fortement encore, ce corps livré à la perdition.

a Dès qu'on lui voit commettre ce crime en ce monde visible,

oc Qu'il soit précipité malgré lui dans un gouffre haut de cent (hauteurs) d'hommes.

c Et (qu'on chfttie] encore davantage son corps voué à la perdition. « Si on lui voit commettre ce crime en ce monde visible, a Qu'il subisse malgré lui les dernières expiations * . »

Les Brahmanes trouvaient indigne d*eux de cultiver la terre *; leur caste, ne se livrant à aucun travail manuel de quelque nature qu'il soit, s'était réservé la prière et le sacrifice du Soma ; Zoroastre commence par renver-

1. Vendidad Fargard IV, 149 à 162. Il semble ici que M. de Harlez dans sa magistrale étude et dans sa traduction del'Avestaait entrevu la vérité :

« L'Ashemoagha (le destructeur de la sainteté) est le dissident Mazdéen qui enseigne des doctrines ou pratiques condamnées par la loi. . . On pourrait rapprocher ce passage des défenses que porté la loi Brahmanique, relativement à 1 usage de la viande ou de certains aliments. (Manou, 22-27 ; id. 6, 15, 17, 19). » De Harlez, note 5.

2. Toutefois, le code de Manou leur permettait en quatrième lieu, après l'aumône, de vivre en labourant. (L. IV, 4 et 8.) Mais pour qu'ils

fagnentlcur vie en labourant, il faut qu'ils aient beaucoup de monde nourrir, (1. V, 9, 1. X, 84).

ser, abolir môme la caste noble ; il n'y aura plus que trois classes, tout le monde pourra o£Frir le Hôma à la divinité et tout le monde sans distinction devra cultiver la terre ^ .

Les Nobles, c'est-à-dire ceux qui offrent le soma, qui dans le Rig-Véda étaient toujours confondus avec les dévas ou cdeux, deviennent âes objets d'horreur, des réprouvés dans TAvesta et toute prière devra commencer par cette strophe sacramentelle :

« Je réprouve les dévas. »

« Je professe en Mazdéen, Zarathustrien, adversaire des dévas, adepte de la loi d'Ahura* . »

Quant à la pédérastie, cette honte du Code de Manou elle sera déclarée un crime inexpiable' : et celui qui s'en sera rendu coupable sera déclaré déva (démon) de toute éternité :

« Celui-là est un déva, un serviteur des dévas ;

« Celui-là est un courtisan, un instrument des dévas,

« Une concubine des dévas, c'est un vrai déva, il est entièrement transformé en déva.

« Déva pendant sa vie, il reste déva après sa mort, à r état d'esprit* ...»

Cette loi terrible et sans pitié, qui poursuivait le pédéraste jusque dans la mort, est la plus énergic[ue condamnation du Gode de Manou et des nobles Anas, elle est probaJ)lement due au contact des Juifs prisonniers de Cambyse. « Tu n'auras point la compagnie d'un mâle, c'est une abomination* . »

Cette haine du noble Arien fut poussée si loin que, retournant la loi qui défendait dans le Gode de Manou

1. Vendidad, Fargard, III. 76 et suivants. — Khorda-Avesta, Yesht, Xin. 89.

2. Yaçna, XHI, 1, 2. — Yesht, V, 13. — Gathas. XLVIII (XLIX). 4. — Vend. Far. UI, 23, 24. Fargard, VU, i37 et suivants. — Fargard, XVII. — Yeshts, 1, 3.

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