Vendidad, Fargard, IV
234 LA bàcb sémitique
Ce passage d'Hérodote, comparé à rAvesta, nous prouve une fois de plus que les lois de Zoroastre étaient vaguement connues du temps d'Hérodote par les Grecs et que conséquemment elles existaient 456 ans avant le Christ.
Cette loi et toutes celles qui lui ressemblent et qui sont interminables dans leurs graduations sont une violente satire contre les pénitences des Brahmanes et des Boudhistes, en môme temps qu'elles sont cruelles; elles devaient presque toujours amener la mort du coupable : nous ne pouvons admettre la manière de traduire de M. de Harlez.
Qu'il frappe 1 ,000 coups de Taiguillon. . . »
Frapper qui ? quoi? les rochers? les murs? les arbres ? les passants? les voisins? Cela n'est pas admissible : c'est le coupable qui doit être frappé, et non lui qui doit frapper, ou la loi est absurde; que l'on soit révolté de la cruauté de cette loi, cela se comprend; mais qu'on la dénature au point de la rendre ridicule, cela n'est pas acceptable. Ou Zarathustra a réellement existé et ses lois sont sérieuses et il n'y a pas à en douter, ou il faut admettre avec M. Jonhston qu'elles ont été faites après coup et ne sont qu'une atroce plaisanterie. Mais si l'on reconnsdt qu'elles ont vécu, et, malgré tout ce qu'en a dit ce dernier auteur épouvanté par leur atrocité et leur sauvagerie, il n'y a pas de raison valable pour croire le contraire, il faut admettre aussi que Zoroastre, l'ennemi haineux, passionné et violent des dévas ne plaisantait pas : au reste cela est établi sans conteste dans le Fargard XIII, où celui qui blesse un chien est condamné à la peine du baodhovarsta, c'est-à-dire à avoir les bras coupés, et celui qui tue un de ces animaux est condamné à recevoir 800 coups de l'aiguillon et autant du Çraoshocarana, peine qui à coup sûr doit être plus forte que la précédente ; et qui dans le système du traducteur serait dérisoire ^ . Ceci soit dit sans diminuer en quoi que ce soit le mérite de la sérieuse
1, Avesta, Veadidad, Fargard XIH 30 à 38.
ZOBOÀSTRE 235
étude de M. de Harlez, laquelle, à coup sûr, est un des ouvrages les plus travaillés que nous ayons lus sur la matière.
Partout chez les Indiens la destruction dos enfants mal conformés existait à Fétat légal, ainsi que nous l'avons vu précédemment. Aussi Zoroastre s'élève-t-il contre cette atroce coutume, peut-être le fait-il trop mollement et d une façon qui n^st pas très claire, mais il faut lui' tenir compte de la bonne intention ^ de détruire ime loi qui a longtemps été la honte de TÂsie aussi bien que de TEarope.
L'ivrognerie de Tlndou constatée par les soldats d'Alexandre* et prise en flagrant délit dans tous les hymnes des Yédas et qui était si naturelle chez un peuple formé
})ar Bacchus, ne pouvait manquer d'être réprouvée par 'Avesta.
Vous nous direz que c'est une singulière façon de prouver qu'un code est dérivé d'un autre que d'établir qu'il en est le contre-pied; mon Dieu, pas tant c{ue cela; 1 envers d'une étoffe prouve bien quil ne fait au'un avec l'endroit. Il en est de Zoroastre comparé à Manou ce qu'il en fût de Taiphabet et de la langue Grecque comparés à l'alphabet et la langue Hébraïque qui furent retournés de façon qu'au lieu d'aller de droite à gauche ils se lurent de gauche à droite ; opération dans laquelle nous avons constaté qu'un grand nombre de mots avaient été laissés par oubli dans leur forme primitive, ou à cause de l'usage journalier qu'on en faisait, comme Ab père et Em mère qui se lisaient ^9 et oji^ en hébreu et qui conservèrent en grec leur position; il en fut exactement de même pour l'Avesta; Zoroastre* par haine des Brahmanes, les dévas (dieux), tout-puissants de ce temps, eut à cœur de retourner toutes les lois du Manou primitif et celles que les Brahmanes y avaient ajoutées ; mais dans un travail aussi ardu il eut à vaincre tant de difficultés qu'il lui arriva d'en oublier un certain nombre ; et l'usage jour-