Lois de Manou, 1. XI
4é Lois de Manou, 1. III, 92.
Quoiqu'il en soit^Zarathuslra adopta la loi^ qui exaltait le chien et la porta à la plus haute puissance ae la bêtise humaine ; comme Ton pourraitnous taxer d'exagération, qu'on lise ces admirables lois qui font tomber en extase le sentimental Michelet et son naïf disciple, cet excellent M. Marins Fontane :
« Créateur des mondes I Si quelqu'un jette (sur une terre) un os de chien ou d'homme mort,
• (Ne fût-il) pas plus grand que la dernière phalange d'un doigt moyen,
« Et qu'il s y répande de la graisse ou de la moelle,
« Quel est le châtiment de cette faute ?
c Ahura-Mazda répondit : Qu'il soit frappé, 50 coups de l'aiguillon, 50 du Çraoshocaraoa \ »
Et cela va par une progression grotesque jusqu'à 1,000 coups de l'aiguillon et 1,000 coups du Çraoshocarana, pour celui qui jette un corps de chien tout entier, c'est-à-dire à la mort, car le condamné ne pouvait survivre à un semblable traitement ; toute cette loi a l'air d'une affreuse plaisanterie, et pour se persuader aue l'auteur de l'Avesta avait tout son bon sens quana il rédicta, il faut se rappeler de sa haine des dévas ; mais voici mieux encore, toujours à l'égard des chiens :
« Créateur des mondes I Si (une chienne met bas,} . . .
a S'il arrive quelqu'accident à ces chiens par suite du défaut d'entretien convenable,
« Qu'il expie (le propriétaire ou la sainte bote a fait ses couches,) le tort qu'il leur a fait par la peine du Baodhovarsta *. »
Mais où le châtiment est vraiment atroce, c'est lorsque la loi condamne celui qui a tué un chien, selon les'cas ou la valeur de l'animal, à 500, 600, 700, 800 coups d'aiguillon et à autant du Çraoshocarana.
a Tel est le (châtiment) pour le (meurtre) du jazhus,
1. Avesla Fargard, VI, 16 à 63. Cet instrument de supplice était une espèce de KnotU,
S. Avest&t Vendidad, Fargard, IV, 61 à 67, celle peine consistait dans la suppression des bras.
ZOROASTBE 241
du viztiSf du Çukuruna, du chien-loup aux dents aiguës, du renard et de toutes les créatures de Çpento- Mainyus qui proviennent de la race canine, excepté Tudra aquatique. »
Celui qui donne un os trop dur ou des aliments trop chauds à un chien devient criminel et doit subir une expiation ; laquelle? TAvesta ne le dit pas, à moins que par analogie et comme se trouvant dans le môme Fargard , on ne lui applique la peine du Baodhovarsta infligée à la fille qui nuit à son germe \
Et pour comble de bouffonnerie, les chiens qui ont eu une vie honorable vont dans le paradis ... des chiens I
a Créateur des mondes ? Si des chiennes viennent à mourir, les sensations éteintes et devenues impuissantes, que devient le principe de connaissance (qui est en elle) ?
Ahura-Mazda répondit gravement et sans rire : o II va au fond originaire des eaux, ô saint Zarathustra. Là, se trouvent avec elles deux udras aquatiques, un couple, l'un mâle, l'autre femelle*. »
Nous voulons bien que le chien comme le bœuf était utile à rhomme, mais ce n'était pas une raison pour rélever aussi haut et le mettre constamment sur le môme pied que l'homme ; Zoroastre a dépassé le but, et tellement, qu'il faut une grande bonne volonté pour ne pas croire que ce législateur avait un grain dans le cerveau, et qu'il faut cette innocence prodigieuse de M. Marins Fontane, pour tomber en arrôt extatique devant de pareilles lois I
Une ordonnance de Zarathustra, imitée du Gode de Manou, est celle qui punit le médecin qui se trompe ; mais toujours en exploitant sa haine inextinguible des dévas. Manou punissait à l'amende du premier ou du second degré, selon que la victime de rignorance du savant, était bote ou homme, le praticien qui avait erfé.
4. Avesta, Vendidad, Fargard XV, 10, 11, 12, 38, 39. 2. Vendidad, Fargard, XIU, 166, 167. — Khorda AveSta, Yesht, XXI, 44.
Zoroaslre veut que les médecins s'exercent d'abord sur les dévicoles, ces ennemis éternels du Mazdéisme. S'il se trompe trois fois et laisse périr, entre ses mains, le patient, Texercice de la médecine lui sera interdite ; à ce compte-là, chez nous, nous aurions bien peu de docteurs, il est vrai que le mal ne serait pas grand, on en serait quitte pour mourir en dehors des règles de la Faculté : si le médecin, malgré la défense qui lui était ' faite, continuait à exercer, et qu*un Mazaéen vint à souffrir de sa science, il était condamné à subir la peine du baodhovarsta \
Nous avons dit que Gambyse, revenant de conquérir l'Egypte et toutes les côtes de l'Arabie, avait emmené avec lui un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouvaient nécessairement beaucoup de Juifs ; leur influence se ressent dans plus d'un passage deTAvesta. Eu première ligne, nous citerons Thistoire de Yima qui rappelle la création et le déluge, sans même oublier la colombe *. Il se pourrait toutefois que cette légende vint des anciens Arias, car ils en ont d'analogues comme nous l'avons vu dans leurs ouvrages.
Mais ce qui vient bien du contact des Juifs de Gambyse avec les Iraniens, ce sont toutes les lois concernant l'impureté des femmes pendant leurs mois.
« Le quatrième des actes coupables que commettent les hommes,
« Est celui (de l'homme) qui connaît une femme ayant les marques. . .
« Le cinquième des actes coupables . . .
« Est celui de l'homme qui connaît une femme enceinte'. . .
« Gréateur des êtres corporels. Etre pur. Si dans une maison de Mazdéens, il se trouve une femme qui a les signes.. .
1. Lois de Manou, 1. IX, 284. — Avesta, Vciididad, Farganî, VII, 94 à 102.