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Cicéron, Tusculanes, l, XLV

7 . Plus lard le Brahmanisme, alors qu'on le croyait anéanti, se réveilla et chassa le Boudhisme de Tlnde : cette secte se retira en Chine où jusqu'à nos jours elle n'a pas cessé de dominer.

Quelle était la patrie de Zoroastre? était- il juif, ainsi que le prétendent les Arabes ? nous ne le pensons pas ; nous ne croyons pas davantage qu'il fût mède ou perse proprement dit: car au fond il est bien certain qu'il était né dans cet empire, puisque l'Arianie faisait partie intégrante de la monarchie Perse, depuis longtemps, quand ce réformateur est né.

Nous sommes convaincu qu'il vint au monde dans l'Arianie même ; et qu'ainsi que César plus tard à Rome, il s'appuya sur la démocratie et notamment sur celte masse de Dasyous, enfants déclassés par le jeu naturel de lois épouvantables, pour saper lé pouvoir exhorbitant des Brahmanes :

Il eut, aussi bien que l'ambitieux latin, le génie de comprendre l'immense puissance qui jaillit de l'union intime de la religion avec la démoci*atie : par ses liaisons avec les juifs de Gambyse, il fut à même d'apprécier la grandeur sociale des doctrines de la Bible ; il tenta dans une mesure restreinte il est vrai, de l'imiter : et certainement l'on peut dire en toute vérité qu'après Moïse, bien loin après lui, cependant, il fut le plus grand législateur qui ait existé. Si l'on dégage toute la rédaction de son Code, de ses scories barbares et de quelques lois qu'en haine des Dé vas-Brahmanes, dont il ne comprit pas toute l'insociabilité ou la cruauté comme l'alliance entre proches parents, et la destruction des cadavres par les animaux carnivores, il reste un Code qui n'est pas sans grandeur. En ce qui concerne même les mariages entre proches parents il faut lui tenir compte de l'influence des prisonniers égyptiens amenés par Cambyse ; et de ce fait que les unions entre parents ne sont pas après tout contre nature, et qu'elles étaient un immense progrès sur la Sodomie et l'amour des bêtes pratiqués chez les Arias.

On a cherché le sens du nom de ce vigoureux réformateur; à quoi bon? Le naïf M. Marius Fontane, oubliant la règle la plus élémentaire de la science des étymologies ^ , qui est de remonter à la forme primitive

1 . Hippolyte Cocberis, origine et formation des noms de lieu. H

du nom, avant toute aulre chose, donne à Zoroastre le sens d'astre d'or : on n'est pas plus léger, ni plus amusant.

« Le mot Zoroastre, lui-même, pouvant se comprendre comme un attribut, un titre, — Astre d'or. — Et la chronologie des légendes donnant des dates inconciliables, Texistence d'une série de Zoroastres, de réformateurs successifs, a été admise, parfois, au moins comme une signification. »

Nous le demandons au lecteur sérieux, est-il permis d'être plus jeune? qu'est-ce que V astre d'or a à faire avec Zaralhustra, ce fougueux révolutionnaire qui sapait dans sa base le paganisme Arien, adorateur du soleil ?

M. do Harlez qui lui, est un homme intelligent, grave et sérieux, désespère — et a mille fois raison — de donner un sens à ce nom : faut-il donc absolument que le mot propre qui sert à désigner les grands hommes signifie quelque chose ?

tf Les philologues ont vainement cherché la signification du nom de Zoroastre. Les uns le divisent en Zara Thuslra ; le premier mot signifirait or, le second fthwis) brillant. Les autres, avec plus de raison, séparent Zarath (pour Zarat) de ustra, mot qui désigne un chameau. Le sens serait, selon F. MuUer, aux chameaux vieillis {Zarat, venant de^ar, jar, gèrascô). Selon Haug, u^tra

faut lire ce qu'il dit page 150 sur le nom de la tour San Verena, qui par des transformations successives est devenue la tour Sans Venin.

Il en est de môme des mots usuels de la langue dont le sens primitif tombé en désuétude, et qui sont dénaturés et amenés à un sens tout différent ; le peuple ayant plaisir à toujours donner une signification qu'il saisit, aux mots qu il ne comprend pas. C'est ainsi que l'expression vent de Galemej vent du nord-ouest et excessivement

Scrnicieux, le mot galerne cessaot d'être en usage à Paris, est devenu ans les idées du peuple vent de Galère. £n ce qui concerne Zoroastre, le naïf M. Marius Pontane a fait comme le peuple I ce n'est pas un crime, mais à ce compte, s'il poussait la rage des étymologies jusqu'à rechercher celle de Fon propre nom Fontane, il en ferait facilement : Fons Asini ; en serait-il flatté ? Peut-être ; il est si vaniteux I

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équivaudrait b ultara. Zarathustra serait « le chef des vieillards » ou « Z« chef vieillissant ' . »

A tout ceci, nous n'ajouterons qu'un mot, c'est que Zara en hébreu veut dire répandre, concevoir, féconder ; mais thustra n'a aucun sens — et au fond nous sqmmes convaincu que Zarathustra, comme beaucoup d'autres noms propres, n'a aucun sens applicable à la destinée du réformateur Arien.

Zarathustra était assurément un Aria ; il devait être de la caste des Kchatriyas ; ceux qui faisaient partie de cette classe n'avaient pas le droit d'enseigner les lois de Manou, mais ils pouvaient les lire; or, le code de Zoroastre dénote une profonde connaissance des lois et coutumes Ariennes : sa cruauté froide et calculée, sa haine inextinguible contre les dévas, sa fureur concentrée, tout indique l'œuvre d'un sectaire qui sape le pouvoir exhorbitant des Brahmanes.

Le réformateur s'est appuyé sur la démocratie aussi bien que Gaudama, mais de plus que lui, il a compris la puissance du principe religieux ; et tandis que Phralaong atrophiait les disciples qui s'attachaient à lui par ses ridicules pénitences et son athéisme sournois, lui, il relevait ses adeptes par la grande idée d'un être suprême, créateur de l'univers et de ses habitants. Mais tous deux épurèrent la morale dissolvante des descendants abrutis des compagnons de Bacchus.

Les doctrines puériles et énervantes de Phra devaient avoir plus de prises sur les habitants de l'extrême orient, qui, issus directement des compagnons égyptiens de Rhamsès II (SésostrisJ n'avaient guère pour religion que le culte des ancêtres.

Il est certain que les Chinois, ces nègres déteints, sont descendus des soldats que Sésostris sema tout le long de son voyage depuis la Golchide, où nous avons retrouvé la circoncision, jusqu'aux rives de TOcéan Pacifique, où nous retrouvons la couleur égyptienne de la peau des habilauts des rives du Nil; la queue que les habitants portent

1 * De Harlez, introduction, page XX.

sur leur tête rasée sauf une faible mèche; le choix de leur roi en dehors de la famille royale, s'il se rencontre ailleurs un homme plus apte à gouverner que Théritier présomptif ; ce qui explique les nombreuses dynasties ; — récriture hiéroglyphique ; les relations intimes avec les plus proches parents, même avec leur fille et leur mère; la fête des lampes, le culte des morts, les îles flottantes et une foule d'autres coutumes dont l'exposition nous entraînerait dans des développements qui nécessiteraient un volume.

L'excellent et naïf Monsieur Marins Fontane, supprime Sésostris, comme le père Loriquet a supprimé Napoléon :

« Le a butin merveilleux » que Ramsès II rapporta de cette brillante campagne n'a jamais existé que dans l'imagination des historiens grecs, trompés sans doute par les prêtres égyptiens qu'ils avaient questionnés ^ . »

Cela est fort commode, mais c'était indispensable ; Fauteur de VMstoire universelle sans histoire, établissant ses enfantillages qu'il ressasse pendant 400 pages, s'ir des hymnes et n'ayant parlé dans son volume des Arias, que de ce qui se passe dans la lune, le soleil ou les nuages, mais ayant oublié Bacchus, Sésostris, Darius, Sémiramis, Cyrus, Gambyse, Alexandre et tout homme qui a un nom historique et a joué un rôle sur les bords de l'Indus ou du Gange, devait se trouver fort embarrassé par cette grande figure de Sésostris, que tous les historiens grecs, d'accord avec les monuments égyptiens, font aller planter sa tente jusque sur les rives de l'océan Pacifique. Mais avec cette grande autorité qui sait écraser avec une grâce naïve, tous les livres grecs et hébreux, il jette par-dessus bord ce gênant personnage; et ne craint même pas d'accuser de plagiat toute la société égyptienne qui aurait menti emontémeat, comme le ferait un libre-penseur de nos jours :

« Jaloux de sa réputation de « roi constructeur », Ramsès II fit graver son nom sur tous les monuments

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