‹ La race sémitiqueChapitre 62 sur 246 · Genèse, ch. XVIII, 11, 12. 13 et · texte numérisé non relu

Genèse, ch. XVIII, 11, 12. 13 et

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de labourer ; tandis qulls n'ont aucune raison d!éire eu Phénicie, petit peuple navigateur et commerçant qui ne sillonnait que la Méditerranée. Or si c'étaient les Phéniciens, et non leurs ancêtres qui eussent inventé les lettres, ils leur auraient certainement donné des noms usités chez les marins et les marchands, ce qui n'est pas.

Il est certain que toutes les lettres hébraïques et phé* niciennes, sauf peut-être le Quimel ^ et le Hé viennent des images égyptiennes représentant certains objets, que ces images ou hiéroglyphes ont par la suite et pour la facilité de la transcription été représentée par un signe pris dans cette image, auquel on a donné le nom de cet objet ; prenez entre autres Ain^ nom de Toeil et ayant celte forme en Egyptien, pour former la langue hiératique les piètres ont pris dans cet œil seulement la prunelle qui conserva la dénomination Ain en Hébreu et Oin en phénicien, et qui fut plus tard chez les Grecs prononcé 0. Tandis qu en Hébreu tout en conservant la dénomination de Ain elle prit une forme toute di£Eérente ressemblant légèrement à notre y, sans la boucle d'eu bas, il en est de môme pour chacune des 22 lettres de leurs deux alphabets, différentes quant à la forme mais semblables quant aux dénominations qui furent composées simultanément pendant le séjour des hébreux en Egypte. Aussi les Egyptiens ne manquèrent-ils pas de s'attribuer l'invention de l'alphabet phonétique '•

« Les Egyptiens disent que l'écriture et l'astronomie ont pris naissance chez eux ».

Oui l'écriture a pris naissance chez eux, mais ce ne sont pas eux ^ui l'ont inventée. Mais ce ne sont pas non plus les Phéniciens en tant que Phéniciens puisque cette façon de traduire sa pensée existait avant que Gadmus ne colonisât le pays où il venait faire une nouvelle nation, à moins de supposer que ce soit pendant le cours

1 . Ce qui se comprend, les Egyptiens primitifs ne connaissant pas le chameau.

SI. Diodore, 1. I, s. II. XXII.

l'écbitubb phonétique 59

de sa transmigration, ce qui est inadmissible à cause de la môme dénomination des lettres des deux alphabets phéniciens et hébraïques ; il faut absolument qu'ils aient été inventés pendant que ces deux portions du peuple Israélite vivaient côte à côte ; autrement avec la différence de la forme des lettres ils auraient aussi affecté des noms différents. Au reste Moïse écrivait ses hymnes avant le départ des Hébreux de TEgypte ou pendant qu'il était à la recherche de sa nouvelle patrie, et le Pentateuque durant qu'il était dans le désert. Et si ce fut à ce moment que lEcriture avait étéinventée,ilyadeux suppositions à faire ; ou le groupe qui devait coloniser la Pnénicie était encore avec le gros des Hébreux ou il s'en était déjà séparé ; — dans le premier cas il n'v aurait eu c[u'un alphabet ayant môme forme et môme dénomination ; dans le second cas tout eut été dissemblable, formes et noms, tandis que les deux alphabets ayant été inventés simultanément ou à peu près pendant le séjour des Hébreux en Egypte, tout s'exphque. Les Hébreux qui étaient pour se séparer plus tard du groupe conduit par Moïse devaient évidemment ôtre des Israélites plus môles avec les Egyptiens, ayant accepté leurs mœurs et leurs coutumes. Ils auront adopté l'alphabet, conservant les formes des objets égyptiens tandis que les autres, fidèles à leurs chefs et à leur Dieu, les purs, auront repoussé de prime abord toutes les formes affectant les images des dieux du bord du Nil ou môme des objets rappelant leur situation précaire et inférieure, ils auront inventé des formes abstraites pour leurs lettres : quant à la dénomination, n'ayant qu'une langue à leur service» celle du pays où ils étaient nés et où ils vivaient, il fallait bien

Îulls en usassent ; on n'invente pas ainsi un langage e toutes pièces.

Et si Moïse, le grand chef de la famille juive, ne devait pas sur le terrain du savoir ôtre en arrière des dissidents et s'il était moins mêlé avec les prêtres égyptiens, il était par sa naissance dans la possibilité légale d'être instruit aussi bien que les autres ; puisqu'il appartenait à une classe qui pouvait apprendre à lire et à écrire. Mais nous avons dit que Cadmus et Danaûs étaient Hébreux au

même titre que Moïse, sinon aussi fidèles au Dieu de leurs pères, et comme lui ils furent obligés de quitter l'Egypte. Les Egyptiens disent qu'ils les ont chassés, les Hébreux de leur côté, prétendent et à juste titre qu'ils sont partis malgré les pharaons et pour obéir à leur Dieu et former une nation libre et indépendante. Ils ont évidemment raison , car une nation de 4,000,000 d'habilants ne peut chasser 3,000,0tl0 de concitoyens quand ceux-ci ne veulent pas abandonner leurs foyers. Quoi qu'il en soit :

« Une grande peste s'étant répandue sur lEgypte, la plupart de ses hanitants attribuèrent ce fléau à quelque offense faite aux dieux... Là-dessus les naturels du pays craignirent que s'ils ne chassaient incessamment ces étrangers, l'E^pte ne tombât dans des maux qui n'auraient plus de remèdes... Une partie de ces derniers , hommes courageux et distingués, servirent de chefs aux autres, pour les conduire dans la Crrèce et en d'autres pays où ils arrivèrent après avoir essuyé différentes traverses dans cette transmigration. Entre ces chefs : les plus considérables furent DanaîHs et Cadmus, Mais le plus grand nombre de ces bannis se jeta dans cette région qu'on appelle maintenant la Judée qui n'est pas à la vérité bien éloignée de l'Egypte, mais qui dans ce temps-là était absolument déserte. Le chef de ceux-ci se nommait Moj/se, homme supérieur par sa prudence et par son courage *. »

Ainsi Cadmus avait puisé aux mêmes sources que Moïse. Gomme lui, il avait été exilé, il parlait la même laogue : la langue hébraïque, que du reste on a retrouvée dans toutes les inscriptions, découvertes en Phénicie :

« Il a suffi de nombreuses inscriptions, sur pierre ou sur métal dont la garde est confiée aux divers musées de l'Europe, pour la constatation de l'identité parfaite de la langue phénicienne et de la langue hébraïque * . . . »

1. Diodorc, i. XL. Voir un autre passade de Diodore, 1. L 8. I, XVL ^ ^

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