‹ La Rachi-Anesthésie et le ShockChapitre 8 sur 18 · ACIER · texte numérisé non relu

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semblent être les seuls à avoir cherché à dresser une statistique des résultats que leur a donnés l'appareil de Pachon systématiquement employé. Leur expérience porte sur cinquante anesthésies, dont dix générales et quarante rachidiennes; les tensions ont été prises de cinq en cinq minutes. Les anesthésies générales ont donné une baisse régulière de pression de 4 centimètres en moyenne. Sur les rachi-anesthésies, deux ont présenté une baisse considérable et progressive, mais c'étaient des blessés graves très shockés et rien ne put ranimer l'un d'entre eux; pour l’autre, on se demande s'il aurait pu supporter une anesthésie générale ; trois fois, la chute de tension fut inférieure à la normale, moins importante cependant que celle des anesthésies générales, on observa alors de la pâleur, des sueurs et des nausées ; l’état des malades fut en (out comparable à celui d'un adolescent qui a fumé un peu trop vite sa première cigarelte. Trente-cinq fois la pression ne descendit pas au-dessous de la pression initiale ou normale. Dans vingt-cinq cas, il n’y eut aucune variation de tension et dans dix cas, il y eut une augmentation manifeste probablement due à l'émotion. Dans un article de la Presse médicale du 9 mai 1918, les mêmes auteurs reviennent sur la question en la développant : « Il est habituel d'entendre dire que la rachi-anesthésie comporte des accidents immédiats plus graves que ceux de l’anesthésie générale; qui plus est, qu’elle entraîne des complications éloignées dans le domaine des nerfs de la queue de cheval. Une simple remarque : nous ne comptons pas un seul décès par anesthésie rachidienne sur la table d'opération. Est-ce à dire que nous ayons été favorisés par le sort? Comme toute formation chirurgicale de l'avant, la nôtre a reçu de grands blessés, arrivés dans un état de shock considérable, ou réellement vidés par une hémorragie importante. Il en est, malheureusement, qui, blessés depuis trop longtemps ou trop gravement atteints, sont morts avant toute intervention... Il en est qui furent sauvés, et nous avons la conviction absolue que, pour cette catégorie de grands blessés, la rachi-anesthésie donne de meilleurs résultats et aussi une bien plus grande sécurité que l’anesthésie générale.

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Îls ont recherché l'élimination de la stovaine dans les urines : celle-ci est complète en neuf heures et en moyenne, entre six heures et demie et huit heures. Les recherches portant sur 40 sujets ont donné les résultats suivants : dans la deuxième heure, 3 centigrammes de l'alcaloïde sont éliminés; 1 centigramme à la fin de la quatrième heure et un demi-centigramme à la sixième heure, puis on continue à en trouver des traces jusqu'à la huitième heure. Ces résultats ont été obtenus pour des urines non albumineuses à l’aide du précipité insoluble dans l'alcool formé par le réactif de Tauret.

Évidemment, leschiffresetles observations publiés par Desplas et Millet, bien que fort intéressants en eux-mêmes, ne forment pas un total assez imposant pour être utilisable directement. Raison de plus donc pour que de multiples observateurs se lancent dans la voie tracée et mettent en commun le fruit de leurs observations, pour que l’on cesse une bonne fois de retourner toujours les mêmes arguments; chacun exprimant sur la question bien plus ses sentiments personnels qu’une opinion scientifiquement établie, la discussion s’éternise, tout le monde se retranchant sur ses positions et chacun n'ayant aucune bonne raison de croire l'expérience de son contradicteur plus grande que la sienne. L'expérience personnelle ne s'incline que devant la collective que peuvent seuls échafauder de longs et palients travaux.

À l'Hôpital maritime de Lorient, la rachi-anesthésie est pratiquée selon la méthode de Jonnesco et il est bon que nous rentrions dans tous les détails de la technique employée. On fait stériliser et préparer à l’autoclave une solution de sulfate neutre de strychnine au centième, de telle sorte que 1 cc. de cette solution renferme 1 milligramme de strychnine. Par ailleurs, on a toutes préparées en de petits tubes de verre fermés les doses de stovaïne stérilisées à 115 degrés (une température inférieure la décomposant), que l’on compte injecter en variant suivant l'état général du malade; en aucun cas, elles ne dépasseront 5 centigrammes. Le malade, qui n’a pris que des aliments liquides depuis la veille, été préparé une heure auparavant par une

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injection hypodermique de 1 centigramme de morphine et 1 milligramme d’atropine. Après avoir fait l’asepsie des maivs, mais non encore ganté, on aspire dans une seringue de Lüer de 2 cc. et sur laquelle est adaptée une aiguille ordinaire, 1 ce. de la solution de strychnine. On vide aussitôt le contenu de la seringue dans un des petits tubes, débouché et tenu verticalement par un aide, on agite doucement à l’aide de l'aiguille; au besoin, on tiédit légèrement; puis on aspire le mélange et la seringue est alors confiée à un aide, tandis qu'on procède à la ponction. Celle dernière s'effectue, le malade étant assis sur la table d'opération et faisant le gros dos; un aide badigeonne au chloroforme iodé au dixième, en triangle, loute la région dorsale inférieure, y compris Les crêtes iliaques. L'opérateur, de ses mains asepliques, recherche l'apophyse épineuse de la 4° vertèbre lombaire sur la ligne unissant les crêtes iliaques et en remontant d'apophyse en apophyse, trouve aisément, chez presque tous Les sujets, l’espace cherché au lieu d'élection. L’aiguille, stérilisée à l'eau pure et non au carbonate de soude, munie de son mandrin, est alors poussée (certains auteurs incisent au préalable la peau ou la percent avec une épingle à chapeau). Dès qu'elle a pénétré dans l’espace épidural, le mandrin est enlevé et le liquide céphalo rachidien s'écoule; suivant la pression plus ou moins grande, que l’on voit à la manière dont il s'échappe par l'embout de l’aiguille, on en soustrait la valeur de deux ou trois seringues de 2 ce. chacune en laissant s'écouler librement le liquide pendant le temps que l’on met à vider la seringue et à la réadapter. La stovaïne est alors reprise des mains de l’aide, la seringue en place; on en voit alors le piston repoussé seul, sortir sous l'influence du reliquat de pression interne, la solution devient opalescente en se mélangeant au liquide céphalo-rachidien. On pousse alors l'injection très lentement, puis on laisse de nouveau le piston revenir en arrière, puis on réinjecte; on « brasse » ainsi le liquide deux ou trois fois, l'aiguille est alors retirée brusquement; on fait lousser le malade, puis on l'incline un moment du côté où doit avoir lieu l'intervention; en effet, Barker (Britisch medical Journal, 1908, p. 246), en couchant le

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