‹ La rachianesthésie généraleChapitre 17 sur 46 · ANESTHESIE PAR INHALATION · texte numérisé non relu

ANESTHESIE PAR INHALATION

viscères : action destructive sur les cellules hépathique et rénale, bien mises en évidence dans ces derniers temps, par de nombreux travaux cliniques et expérimentaux, et qui peuvent entraîner la mort tardive, plus ou moins longtemps après l'anesthésie (I).

L'anesthésie par inhalation ne paraît pas limiter son action nocive seulement sur les viscères. En effet, Achard a montré à l'Académie de Médecine, le 26 avril 1910, les modifications des propriétés leucocytaires pendant l'anesthésie chirurgicale, et, dit-il, in vitro ces agents affaiblissent la résistance et l'activité des leucocytes. Chez le sujet soumis à l'anesthésie, ces deux propriétés des leucocytes subissent également un affaiblissement et quelquefois peut être considérable et tomber au tiers ou au quartde leur valeur normale. L'affaiblissement des propriétés leucocytaires provoqué par l'anesthésie n'est que passager, mais se trouve cependant encore pendant 6 à 12 heures après le réveil. Ce fait se rapproche de la lenteur relative avec laquelle, malgré la rapidité de son action, l'anesthésique s'élimine. Cette action épuisante et nocive des anesthésies par inhalation sur les viscères et sur les éléments blancs du sang, mise en parallèle avec le manque absolu d'altération viscérale ou sanguine qu'on a constaté chez les sujets rachi-anesthésiés, et dont j'ai rapporté plus haut les faits expérimentaux et cliniques, prouve surabondamment l'innocuité de la rachi-anesthésie générale, opposée à l'anesthésie par inhalation.

A part tous ces arguments qui montrent la supériorité de la rachi-anesthésie générale sur l'anesthésie par inhalation, il y a aussi des considérations d'un autre genre qui viennent plaider en faveur de la rachi-anes-

(1) Ch. Aubertin. Arch. de méd. expérim., Mai 1909.

M. Saison. Thèse de Paris, 7 Avril 1910. T. G. Somervilliî. The Lancet, 10 Juillet 1909, p. 81. Sippel, Arch. f. gynacol, 1909, p. 167, Bull, et Mém. Soc. Chirurgie de Paris, 1910.

thésie générale : la simplicité de sa technique, le fait de ne pas demander un aide spécial pour l'anesthésic — la possibilité de doser l'anesthésique aux justes besoins de l'acte opératoire ; — la disparition rapide de ses eflels, et le manque absolu de troubles ultérieurs, sont à considérer dans le parallèle que nous faisons entre ces deux genres d'anesthésie.

Pour ceux qui ont pratiqué d'une façon plus suivie et avec le désir de s'instruire et de bien connaître la méthode, il y a des faits très intéressants, suggestifs, qui doivent être notés. Ainsi, il n'est pas rare qu'après une anesthésie haute, le malade opéré puisse se lever de lui-même et quitter la salle d'opération pour se rendre à son lit. Cela prouve combien est rapide la disparition des effets de l'anesthésique une fois qu'il a accompli sa tâche, et je me rappelle l'étonnemenl de mes confrères anglais, quant, à la suite d'une opération sur la face que j'avais pratiquée dans un hôpital de Londres, le malade se leva et quitta tout seul la salle d'opération.

A côté de ce fait, il y en a encore un autre plus étonnant : c'est le cas des auto-opérations que certains chirurgiens, convaincus et courageux, se sont pratiquées eux-mêmes après la rachi-anesthésie. Le premier qui donna cette preuve fut un chirurgien roumain. A. Tzaïcou, de Jassy, qui publia ce fait dans la Presse Médicale, 19U (1).

« Porleur d'une hernie inguinale, je voulais, dit-il, prouver ce que j'avais prévu d'avance : que l'anesthésie telle que M. Th. Jonnesco la recommande et qu'il tend à généraliser, est tellement inoffensive qu'elle permet l'opération du patient dans la position assise, tandis que, en matière d'anesthésie à la cocaïne, même lors-

(1) Aulo-observation d'une aulo-opéi-ation de hernie sous la rachisti-ychno-stovaïnisation, par A. Tzaïcou, chef de la 2' Clinique chirurgicale du Professeur Juvara, Jassy (Roumanie). Presse Médicale, Paris 19U, p. 12.

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