‹ La Radiothérapie Des Fibromes UtérinsChapitre 48 sur 50 · INDICATIONS DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

INDICATIONS DE LA MÉTHODE

Si la radiothérapie nous permet souvent d'obtenir de remarquables résultats dans la cure des myomes utérins, le traitement chirurgical n’en conserve pas moins ses droits dans nombre de cas.

Ce sont là deux méthodes qui ne doivent jamais s'opposer ; elles doivent avoir leurs indications particulières.

Mais il nous semble difficile d’assigner des limites précises à l’une ou l’autre méthode, car aux divisions qu'on pourrait établir peuvent se présenter de nombreuses formes intermédiaires. De plus, des considérations d'ordre particulier (condition sociale de la malade, refus formel d’une intervention, diffculté de l’anesthésie générale) devront souvent entrer en ligne de compte dans la décision que devra prendre le praticien.

Nous essaierons cependant de poser les grandes indications de la radiothérapie dans la cure des tumeurs fibreuses de l’utérus, en nous basant sur le siège, le volume, l’âge de la tumeur, sur la gravité

des phénomènes qui l’accompagnent et enfin sur l'âge de la malade.

Les formes interstitielles seront avant tout justiciables de la radiothérapie. |

Les formes sovs-séreuses difficilement influencées, d’après Albers Schœnberg, pourront cependant dans bien des cas bénéficier de la thérapeutique rœntgénienne. Bergonie et Bardackzy ont publié des résultats heureux oblenus avec des myomes à siège souspéritonéal.

Les fibromes à évolution vaginale semblent très peu influencés par les rayons X.

Les grandes dimensions de la tumeur ne. nous semblent pas devoir être posées comme une contre-

ndication formelle à emploi desrayonsdeRœæntgen, si le fibrome demeure parfaitement toléré.

Bordier affirme, s'appuyant sur de concluantes observations, que le volume de la tumeur importe peu si le filbrome est un fibrome jeune, dont l’existence remonte à moins de cinq années. Nous nous rangerons à l’opinion de Bordier. L'observation XIII nous montre les heureux effets des rayons de Rœntgen sur les grosses tumeurs de formation récente.

Par contre, seront livrés au chirurgien les fibromes qui déterminent des accidents de compression graves, ainsi que ceux qui s’accompaguent de complications annexielles.

Le caractère hémorragique de la tumeur ne contreindiquera pas l’emploi de la thérapeutique rœntgé-.

nienne, écrit Bordier.

Les fibromes saignant beaucoup sont pour lui particulièrement justiciables de la radiothérapie.

Avec Lacaille nous ferons cependant une réserve. Si, dans la majorité des cas, les rayons de Rœnigen ont une action très heureuse sur les hémorragies, ‘il semble que parfois,même appliqués à dose massive,

- ils augmentent les pertes sanglantes.

C’est pourquoi Albers Schœænberg recommande de se montrer irès prudent dans le traitement radiothérapique des femmes dont l’état anémique est déjà très marqué. Spaeth a rapporté l'observation d’une malade soumise au traitement dont la mort a été déterminée par d’abondantes hémorragies, sans qu'il soit cependant justifié de mettre exclusivement sur le compte de la radiothérapie ce dénouement malheureux. Nous-même avons observé une malade qui semblait au début du traitement très améliorée par la thérapeutique rœntgénienne, puis dans la suite les hémorragies se montrèrent d’une abondance

si inquiétante que nous crûmes prudent d'abandonner le traitement conservateur.

Dans ces cas, heureusement rares, il serait cou-

pable d’attendre trop longtemps les bienfaits de la radiothérapie. On doit confier sans relard les malades au chirurgien. ,

Mais dans tous les autres cas à caractère hémorragique assez marqué, avant que le traitement radio-

$ . thérapique n'ait agi utilement, nous pourrons,comme le propose Bergonie, faire des applications intra-utérines de courant galvanique el faradique rythmé qui

épargneront souvent à la malade des pertes abondantes.

L’âge de la malade enfin doit surtout entrer en ligne de compte dans le choix du traitement. La ménopause sera d’autant plus rapidement obténue

que les ovaires auront une fonction moins active et. que la malade se rapprochera de la ménopause phy-

siologique. C’est donc surtout aux femmes qui auront atteint la quarantaineque devras’adresser la méthode radiographique du traitement des tumeurs fibreuses de l'utérus. | |

Sans doute les femmes plus jeunes pourront parfois en tirer un grand bénéfice ; mais elles devront, après la guérison apparente, continuer assez longtemps le traitement de façon intermittente afin de prévenir toute régénération possible de la fonction ovarienne.

De l’action si constante de la radiothérapie sur la menstruation et sur les pertes de sang il ressort que ce même traitement est indiqué dans le cas d’hémorragies des femmes près de l’âge critique, alors même qu'elles ne présentent pas de modification appréciable du volume de l'utérus.

Dans tous ces cas, nous sommes en droit d'attendre du traitement radiothérapique un heureux résultat, mais comme le conseille sagement Albers, Schon-

berg, Lacaille et Siredey, il est parfois nécessaire de

savoir abandonner à lemps la méthode conservatrice.

. Si l’on constate l’inefficacité ou l'action trop lente

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des rayons de Rœntgen, l'intervention chirurgicale s'impose.

Parfois des complications méconnues, des anomalies peuvent se présenter que nous ne pouvons dépister par nos procédés d'investigation ordinaires. D’auitre part, nous ne devons jamais oublier que le développement du cancer sur des utérus myomateux n’est pas absolument rare. C. Richelot considère même les gros utérus sciéreux comme particulière- ;

ment prédisposés au cancer. Aussi devra-t-on surveiller attentivement les malades traitées par les

rayons X dont la guérison ne paraît pas complète, définitive, et semble laisser quelque doute.

On devra dans ce cas donner la préférence à la chirurgie.

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