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CHAPITRE III

§ 1. — Les rayons X agissent-ils sur tous les tissus et sur les organes internes ?

Dès le début des applications des rayons de Rôntgen, on remarqua que les accidents survenus étaient particulièrement localisés à la peau. Si les lésions étaient bénignes, c’étaient les couches superficielles du derme qui étaient atteintes ; si l’eschare survenait, toute l’épaisseur cutanée disparaissait d’abord et les couches sous-jacentes pouvaient être altérées consécutivement. Bientôt on attribua aux rayons X une action plus étendue. Ce ne fut plus simplement la peau qui fut modifiée, mais les couches musculaires, les vaisseaux profonds, les organes internes, le système nerveux, l’état général, etc.

Il suffit de parcourir quelques-unes des communications faites depuis deux ou trois ans, pour voir que l’on a fait des rayons X une panacée universelle ! Ils agiraient sur tous les organes et guériraient les lésions les plus diverses. Cette manière de voir est la conséquence naturelle d’un engouement irréfléchi et d’un manque de connaissances techniques.

11 nous paraît intéressant de rechercher sur quels tissus l’action des rayons X se fait particulièrement sentir, pour voir en-

BELOT

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suite quelles modifications ces tissus peuvent subir, soit macroscopiquement, soit microscopiquement. Nous nous occuperons des tissus sains.

Un point important est de savoir si les rayons X limitent leur action à l'endroit où la peau est frappée, où si elle s’étend aux zones périphériques et aux plans sous-jacents. La dermatite est ordinairement limitée superficiellement à la région atteinte par les rayons X. Ainsi, lorsque l’on recouvre d’une lame de plomb percée d’un orifice, une surface cutanée, celle-ci conserve une intégrité absolue, alors même que survient une réaction violente sur la partie éclairée. La ligne de démarcation entre la dermatite et la peau saine correspond exactement à la limite de la matière protectrice. De même, lorsque nous faisons des applications radiothérapiques, l’érythème réactionnel apparait seulement sur une surface correspondant exactement à l’orifice ménagé dans le plomb qui sert de protecteur.

On a dit que les rayons X agissaient non seulement à l'endroit où ils pénétraient dans les tissus, mais encore là où ils sortaient du corps. Autrement dit, une modification se produirait sur la région cutanée directement sous-jacente à celle que frappent normalement les rayons de Rôntgen. Il existe quelques observations de Revillet, Kümmel et d’autres, semblant prouver cette action à la sortie. Ces observateurs dirigeaient sur le thorax d’un patient des rayons nombreux et pénétrants. Un érythème et même une ulcération de la peau se seraient produits, non seulement au niveau de la poitrine (où arrivaient les rayons), mais encore au niveau du dos (où les rayons sortaient).

Kienbôck,àla suite d’une expérience sur un oiseau, fit une constatation analogue. Une tourterelle avait été immobilisée dans une boite en carton, et sa région dorsale fut exposée à une ampoule, pendant un certain temps. On constata que les plumes tombèrent, non seulement sur le dos, mais encore sur le ventre, région sous-jacente à celle qui avait été directement irradiée.

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