‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 18 sur 94 · ACTION SUR L’UTÉRUS ET LE FOIE · texte numérisé non relu

ACTION SUR L’UTÉRUS ET LE FOIE

Ils furent exposés aux rayons X pendant plusieurs séances, mais les doses absorbées paraissent avoir été plutôt modérées. Puis, ils furent accouplés avec des femelles qui n’avaient subi aucun traitement. Bien que les couples aient été gardés en cage pendant un temps allant de 15 jours à 5 mois, aucune femelle ne devint grosse, aucune ne mit bas. Cependant, les animaux mâles qui avaient été soumis à l’action des rayons X n’ont présenté aucun trouble dans leur état général, et ont conservé leur appétit sexuel ainsi que la faculté de copulation. Des animaux témoins conservèrent du reste leur pouvoir fécondant.

A l’autopsie, on connut la cause de cette curieuse stérilité. Chez tous les animaux mâles soumis aux rayons, on trouva une atrophie des testicules, dont le volume avait diminué de moitié ou même des deux tiers. Le microscope montra que la plupart des cellules qui tapissent la lumière des conduits séminifères avaient disparu et qu’elles étaient remplacées, dans certains endroits seulement, par quelques cellules rétractées, dont le protoplasma était atteint de dégénérescence. Nulle part on ne trouva de spermatoblastes ni le moindre signe de spermatogenèse. Enfin l’examen du liquide recueilli dans les vésicules séminales montra l’absence complète de spermatozoïdes.

La stérilité ainsi déterminée est due à de la nécrospermie qui, au bout de quelque temps, se transforme en azoospermie absolue. On devra donc procéder avec prudence quand on traitera par cette méthode les régions inguinales et scrotales.

Utérus et Foie. — On a cru aussi pouvoir attribuer aux rayons X une action sur le cours de la gestation. Ils auraient provoqué l’avortement chez quelques animaux de petite dimension.

Enfin, Lépine et Boulud ont constaté que la pulpe de foie de chien, exposée aux rayons X, renferme presque toujours moins de glycogène et plus de sucre que la pulpe témoin, et la somme du glycogène et du sucre y est moindre. Le premier effet des

rayons X serait donc de favoriser la gtycogénie et la glycolyse hépatiques. Mais quand l’exposition a été prolongée au delà d’une heure, les conditions sont renversées et glycogénie et glycolyse hépatiques sont diminuées.

Reste à savoir si ces résultats obtenus sur un foie isolé, se maintiennent lorsque l’organe a conservé ses rapports.

Œil. — Il est encore un organe qui, dans la radiothérapie de la face, pourrait être lésé si on ne pouvait le protéger complètement: c’est l’œil. Les auteurs ne sont pas d’accord sur la façon dont cet organe se comporte vis-à-vis des rayons X.

Les uns prétendent qu’il est très sensible et facilement altéré, d’autres qu’il ne réagit presque pas aux expositions même intempestives.

Chalupecky, après avoir exposé l'œil d'un lapin aux rayons X, constata une grave inflammation, qui se termina par de la suppuration. A son avis, l’œil s’était modifié, comme s’il eût été brûlé avec de l’ammoniaque. D’autres auteurs ont publié des observations analogues.

En général, les lésions auraient une grande analogie avec celles produites par les rayons ultra-violets, et bien étudiées par Widmark dans ses expériences sur le feu des glaciers et l’arc électrique.

Scholtz n’a pu arriver à produire expérimentalement ni inflammation interne de l’œil, ni troubles visuels. Tout au plus survint-il une légère conjonctivite. Cependant, l’irradiation avait été faite sur l’œil entr’ouvert, et la quantité absorbée fut telle que la nécrose des paupières se produisit.

Dans nos essais thérapeutiques, nous n’avons jamais constaté la moindre action novice sur les organes internes ni sur le système nerveux, Cependant, dans certains cas, nous avons fait absorber des doses considérables de rayons X. Des auteurs étrangers, Scholtz entre autres, n’ont pas remarqué de lésions intestinales à la suite d’ulcérations de la peau de l’abdomen.

ACTION DES RAYONS X SUR LA PEAU l3y

Nous avons de môme fait un certain nombre d’irradiations sur les paupières, sans jamais voir apparaître la moindre réaction désagréable du côté de l’œil. Dans un cas d’épithélioma de la paupière et du pourtour de l’œil (que nous traitons en ce moment), la lésion s’est considérablement améliorée à la suite de doses mensuelles d’environ 7 à 8 unités II, sans la moindre altération des organes de la vision, de l’avis même de l’oculiste.

On pourra nous objecter que les rayons dont nous nous servons ont une très faible pénétration ; ils sont arrêtés dans le derme, et par conséquent les plans sous-jacents ne peuvent être influencés. On pourrait répondre, en faisant abstraction de l’électivité, que les rayons capables d’atteindre les organes internes doivent les traverser sans y produire d’elfet bien marqué, et que ceux qui pourraient y être absorbés seraient déjà arrêtés en grande partie par les tissus superficiels.

En tout cas, ce qu’il est important de savoir pour le radiothérapeute, c’est que, dans les conditions habituelles, il n'a pas à redouter un effet nuisible sur les organes internes.

Les rayons X semblent surtout agir sur la peau ou sur ses annexes, et c’est là principalement que se feront les modifications et les réactions, proportionnellement à la quantité de rayons absorbée.

§2. — Étude des modifications objectives subies par la peau consécutivement à son exposition aux rayons X.

Tout le monde sait quels méfaits ont accompli les rayons X depuis leur découverte. Si nous voulions relater les accidents qu’ils ont occasionnés et ceux qu’on leur a attribués, nous remplirions un volume, et nous serions certainement incomplets. Cependant, il est intéressant de remarquer que la plupart des

lésions graves, qui ont été signalées, remontent à quelques années, c’est-à-dire au début des expériences radiographiques ou radiothérapiques.

De nos jours, on voit rarement les vastes radiodermites à marche lente, mais progressive, dont le terme ultime était l’eschare et dont la guérison demandait des mois, quelquefois même une année. Ce que l'on peut constater sur les malades en traitement, ce sont des modifications superficielles, parfois un peu d’ulcération légère, phénomènes morbides voulus par l’opérateur pour le plus grand bien de l’opéré.

Il est nécessaire d’étudier les modifications objectives qu’est susceptible de subir la peau traitée par la nouvelle méthode. Ce chapitre comprendra forcément les accidents dus aux rayons X. En effet, la réaction cherchée n’est le plus souvent que l’ensemble des phénomènes appelés jadis par les auteurs : accidents légers, et que nous appellerons d’un nom plus juste : radiodermite curative. Si, par hasard, la peau est d'une sensibilité spéciale, si les quantités absorbées par elle sont plus considérables, la réaction sera plus marquée, et on arrivera ainsi progressivement à l’ulcération et même à l’eschare superficielle, ainsi que le font quelques auteurs, pour la cure de certaines tumeurs malignes.

Et d’abord il faut bien dire que l’exposition aux radiations de Rôntgen est tout à fait indolore. Le malade ne ressent absolument rien. Tout au plus, accuse-t-il quelquefois une légère sensation de chaleur due, soit à la chaleur modérée dégagée par l’ampoule (lorsque celle-ci est très près), soit à une mauvaise interprétation de la gêne que lui occasionne la plaque protectrice en plomb. Quant aux phénomènes gastriques, aux céphalées, palpitations, cardialgies, signalés par M. Oudin dans le Traité de radiologie de Bouchard, confirmés par Walsh, par Seguy et Quenisset, nous ne les avons jamais constatés. Il est vrai que nous ne nous mettons pas dans les mêmes conditions.

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