‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 36 sur 94 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

INSTRUMENTATION PEFSONNELLE

Avant d’aborder l’étude des affections cutanées susceptibles d’être traitées par la radiothérapie et d’exposer nos résultats cliniques, il est indispensable de décrire rapidement les conditions techniques dans lesquelles nous nous sommes placé, c’està-dire les installations dont nous disposons.

C’est à l’hôpital Broca, dans le laboratoire de notre cher maître, M. le docteur Brocq, que nous avons fait nos essais thérapeutiques.

Nous avons à notre disposition deux installations radiothérapiques : l’une sur bobine, l'autre sur machine statique ; elles actionnent chacune une ampoule Chabaud à osmo-régulateur de Villard.

La source à haute tension est une bobine à circuit magnétique ouvert de 25 centimètres d’étincelle, construite par Gaiffe. Elle est alimentée par une batterie de 8 accumulateurs et absorbe au primaire 16 volts et 5 ampères. Un interrupteur mécanique à godets de mercure et à plongeur métallique (ancien type Gaiffe)

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INSTRUMENTATION PERSONNELLE

peut donner de 800 à 2.000 interruptions par minute. Un rhéostat réglable permet de maintenir autour de 1600 par minute le nombre des interruptions. En réglant la plongée du cavalier dans le mercure et en modifiant la résistance du circuit, on peut rendre constant le wattage au primaire, de façon à se trouver toujours dans les mêmes conditions.

Une soupape de Villard est intercalée sur le fil positif et réglée de façon à arrêter le courant inverse.

Un spintermètre à boules de 1 centimètre de diamètre est monté en dérivation sur le circuit d’alimentation de la bobine et nous permet de nous rendre compte de sa résistance.

Un détonateur de Destot et Yilliams est annexé au fil positif. En écartant légèrement sa manette de la position de repos, on crée une étincelle continue, une rupture du conducteur, partant une résistance. Le courant passe quand même, produisant dans Pair une étincelle, mais l’ampoule durcit, ce que le radiochromomètre permet de constater.

Voici, pour l’ampoule dont nous nous servons actuellement, la

pénétration des rayons émis pour d’étincelle équivalente :

les différentes longueurs

Etincelle équivalente.

Rayons n°.

6 centimètres

Puis, tout en laissant constantes la pénétration des rayons et la source électrique, nous avons déterminé, avec des pastilles d’Holzknecht, la quantité d’H qu’absorbait la peau, en un temps donné, à une distance déterminée de l’anticathode. Nous avons fait des expériences multiples de façon à être certain de la quai tité d’H qu’absorbe la peau. Nous avons ainsi établi une

INSTRUMENTATION PERSONNELLE 2j5

seconde table, pour des rayons nos4-5, à une distance de 12 centimètres de Panticathode.

Temps.

Nombre d'II.

15 minutes 4-5

Si la situation de la lésion ou son étendue nous obligent à placer l'ampoule à une plus grande distance, ce qui est rare, nous calculons la quantité absorbée en appliquant la loi du carré des distances. Nous vérifions l’exactitude du calcul en plaçant une pastille d’Holzknecht sur la partie traitée; et nous comparons de temps en temps la teinte qu’elle a prise avec la teinte correspondante de l’échelle, pour voir si la quantité requise a bien été absorbée. On note le temps et la distance, et cette détermination servira pour une autre fois.

De cette façon, nous n’avons pas besoin d’employer pour chaque malade une nouvelle pastille de réactif; mais les déterminations sont faites à nouveau tous les 8 ou 10 jours, de façon à nous assurer de la constance de nos mesures.

Notre second appareillage consiste en une machine statique de Gaiffe, à 10 plateaux. Elle est actionnée par un moteur électrique, alimentée par le courant du secteur. Elle porte sur son bâti le spintermètre et les détonateurs. Voici les valeurs qu’elle fournit avec l’ampoule dont nous nous servons actuellement :

Étincelle équivalente.

Rayons n0*.

4 centimètres

La quantité en H est la suivante, pour des rayons n° 5 environ :

INSTRUMENTATION PERSONNELLE

Temps.

Nombre d'H.

15 minutes

Au début de nos applications, le tube était simplement fixé à un châssis porte-ampoule de Béclère. Ce procédé était mauvais, car il fallait protéger le malade par de grandes lames de plomb, de façon à ne laisser passer les rayons que là où ils devaient agir ; en plus, il était souvent difficile de diminuer autant que possible le facteur distance. Aussi avons-nous fait construire des boîtes en bois et plomb, qui nous ont permis d’établir le localisateur dont nous nous servons aujourd'hui. Un pied à articulations multiples permet le déplacement immédiat de l'appareil, et un système de serrage perfectionné lui assure néanmoins une rigidité suffisante.

Dispositions relatives au malade. — 11 est ordinairement préférable de faire coucher le malade sur un lit dur, de façon à ce que son immobilité soit complète. Certaines régions seront plus faciles à atteindre, si le patient est dans la position assise ; c’est le cas du cuir chevelu. 11 faut alors caler convenablement le sujet, de façon à ce qu’il ne se déplace pas. Les tubes localisateurs mis directement au contact de la région rendent ici de grands services. C’est grâce à ce procédé que M. Sabouraud assure l’immobilité complète de ses jeunes teigneux. En général, il faut s’arranger de façon à placer le sujet dans une position telle qu’il puisse s’y maintenir sans fatigue, pendant toute la durée de l’opération.

La région malade sera examinée avec soin ; le diagnostic devra être confirmé histologiquement, s’il est nécessaire, et, en tout cas, on relèvera un calque de la lésion ou on en prendra une photographie.

Il faut faire agir les rayons X sur la région malade et en mettre à l’abri les parties saines. Il est cependant nécessaire,

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I ue d’ensemble de l'appareillage de l’ hôpital Broca avec machine sialique Une malade esl en traitement dans la position couchée

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