PI. VI
Photographie prise après absorption de i / H. On voit encore les traces de la réaction , mais les tumeurs sont totalement affaissées
SARCOME
qu’il a obtenus sur deux malades atteints de mélano-sarcome. L’un, un homme, présentait un mélano-sarcome du mamelon avec ulcération et sillon péri-mamelonnaire donnant issu à un liquide purulent, sanieux et fétide. Il s’accompagnait d’adénopathie de l’aisselle. Une première dose de 9 H avec des rayons n° h ou 5 fut absorbée, puis 15 jours plus tard, une seconde dose analogue à la première. Une réaction très vive se produisit ; Us bords de la tumeur devinrent moins nets, sa consistance se modilia. Au bout de quelque temps, la cicatrisation se fit. Les ganglions de l’aisselle avaient disparu et le malade, revu 3 mois plus tard, ne présentait plus qu’une tumeur de la grandeur d’une pièce de 5 francs de consistance lipomateuse, sans ulcération. Les douleurs avaient totalement disparu. Une nouvelle application (4 H) fut faite, et tout fait espérer que l’amélioration continuera.
L'autre, une femme, a été très améliorée par un procédé différent : les doses furent plus légères et plus fréquentes ; toute réaction violente fut soigneusement évitée .
De tout cela il résulte que le sarcome ou du moins certaines formes de sarcome sont plus rapidement modifiés que les épithéliomes des mêmes régions et situées à la même profondeur. Voici la façon dont nous procédons :
Nous faisons absorber en une ou deux séances une dose totale de 7 à 8 II : cette quantité peut être portée à 10 H si la lésion est grave et à extension rapide. La pénétration des rayons doit varier, suivant la situation du mal, de 6 à 8 et même, d’après quelques auteurs, elle devrait être portée à 10 ou 11 pour les lésions profondément situées. Souvent la réaction est assez vive et il peut se produire un peu de radiodermite légère, se manifestant par une chute de l’épiderme. Mais la réparation est rapide et cette inflammation n’a que l’inconvénient de retarder un peu les applications suivantes. Quant aux généralisations et accidents généraux, nous n’en avons pas constaté, et, loin de mai-
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grir, nos malades ont conservé leur poids et ont vu leur appétit renaître. L’intervalle qui sépare les séances est en moyenne de 15 à 20 jours; ce laps de temps est prolongé quelque peu, si la réaction est encore en évolution.
Nous sommes d’autant plus convaincu qu’il faut, là comme ailleurs, employer la méthode des doses massives, que notre malade au chondro-sarcome avait été traitée, sans résultat aucun, par deux praticiens qui procédaient par séances de quelques minutes, 2 ou 3 fois par semaine. Loin de diminuer, la lésion progressait. Il nous a suffi de faire 2 ou 3 séries d’applications pour voir les tumeurs s’affaisser, l'ensemble diminuer de plus de moitié, et nous espérons que cette amélioration va continuer. Sans être probant, ce fait est tout à fait intéressant.
Loin de nous cependant l’idée de préférer la radiothérapie à la chirurgie ! Toutes les fois que l’opération sera praticable, elle devra précéder les applications radiothérapiques. Dans les autres cas, cette nouvelle méthode est appelée à rendre de précieux services.
Obs. I. — M. D..., tailleur, 37 ans. — Sarcome de la région dorsale. Début il y a 3 mois par une petite tache bleue ou violacée, jaunâtre par places, qui s'agrandit de jour en jour. La lésion, d’abord plane, devint saillante et on put apprécier au toucher un certain relief. Démangeaisons.
Actuellement, la lésion présente l’aspect de la photographie (planche VI). Les tissus sont infiltrés, durs; la coloration est rouge lie de vin.
Î20 octobre. — Adénopathie rapide, cervicale, occipitale et axillaire. Purpura au cou.
On traite simplement les tumeurs elles-mêmes (3 gonflements), et c’est pour cela que nous relatons cette observation.
29 décembre. — Durée, 15 minutes ; distance, 10 centimètres ; rayons n° 6; dose, 4 à 5 H.
30. — Durée, 10 minutes ; distance, 10 centimètres ; rayonsn°6; dose,3H.
12 janvier. — Les tumeurs se sont considérablement affaissées. Il reste un peu d’infiltration de la peau; elle est rouge violacé, squameuse ; les démangeaisons se sont calmées. La surface, au lieu d’être nodulaire, est uniforme et plane. En bas et à gauche de la partie traitée, il subsiste une petite tumeur d’environ 1 centimètre de diamètre. Il est probable qu’elle
LYMPHO-SARCOME
avait été moins atteinte par les rayons, étant à la périphérie, ou plutôt ayant été recouverte par le plomb protecteur. Le reste de la tumeur est protégé par du plomb et sur ce télément on fait une séance de 10 minutes à 10 centimètres, 3 H environ.
22. — Les tumeurs se sont totalement affaissées, même celle qui était encore saillante la dernière fois. La peau est toujours rouge violacé... mais n'est plus infiltrée.
La seconde photographie représente la partie malade à cette époque.
Le malade n’a pas été revu, quoique notre intention fût de traiter l’adénopathie énorme, concomitante. Elle n’àvait pas diminué du reste ; et il est probable qu’il s’agissait là d’une leucémie.
Obs. IL — Mme V. G..., 47 ans. — Sarcome cutané situé sur le milieu de la face interne de la cuisse droite (diagnostic histologique). La lésion mesure environ 9 centimètres de long sur o de large. Elle est rouge violacé, de consistance légèrement mollasse, irrégulière et débordant le plan des téguments normaux d’environ 6 à T millimètres. La malade porte au bas de la jambe gauche une lésion de même nature, mais présentant un autre aspect objectif.
Il février 1904. — Dose absorbée: 10 H, rayons n° 5 ; sur la lésion de la cuisse droite.
i01' mars. — Rougeur vive, un peu de démangeaisons ; l’ensemble semble s’ètre un peu affaissé.
18. — La réaction est très vive. L'épiderme s'est soulevé en phlyctènes. Elle se sont rompues et ont donné issue à un liquide séro-purulent. Les douleurs ont été vives au début. Aujourd’hui, toute la surface traitée est recouverte de croûtes, mais la peau est moins infiltrée.
28 avril. — Tout est rentré dans l'ordre ; mais la lésion, quoique très modifiée, existe toujours, accompagnée cl’un peu d’infiltration. On fait une irradiation, avec dose de 8 H.
16 mai. — La réaction a été vive; elle est aujourd’hui presque calmée; on attend.
1er juin. — La lésion semble guérie; la peau n’est plus colorée en rouge, l’infiltration est à peine sensible; on 11e constate plus de saillie de la partie jadis malade. La peau présente encore quelques squames. Les douleurs ont disparu.
La jambe gauche a été, elle aussi, améliorée.
LYMPHOSARCOME
Yilliams, dans son ouvrage de 1903, cite le cas d’une femme atteinte de lympho-sarcome du cou qui fut rapidement amé-
liorée, et deux photographies, prises l’une avant le traitement, l’autre après, sont très concluantes.
Nous avons également traité une femme atteinte d’un énorme lympho-sarcome de la région cervicale. Au début, la tumeur a semblé diminuer de volume ; mais, au bout de quelque temps, il est survenu du cornage, et la malade a dù être envoyée dans un service de chirurgie.
Cependant d’intéressantes recherches de M. Heinecke semblent militer en faveur d’une action spécifique des rayons X sur les lymphocytes. Ceux-ci sont détruits par de légères irradiations. Ces phénomènes — destruction des lymphocytes et phagocytose de leurs noyaux — - s’observent dans les ganglions lymphatiques, dans le thymus et même dans la moelle osseuse, où l’on constate également la disparition d’une grande partie d’éléments spécifiques qui sont remplacés par des cellules graisseuses.*
Cette action apparaît très vite et se manifeste après une exposition de courte durée. Ce fait permet de se rendre compte des rapides modifications qui se produisent parfois dans les affections caractérisées par une prolifération des éléments et des tissus lymphoïdes, lymphomes et lympho-sarcomes, par exemple. L'auteur croit même que la durée des séances peut être courte et que, par suite, les lymphocytes peuvent être détruits, sans que la peau soit intéressée !
Au mois de juin 1904, MM. Bizard et Albert Weil ont présenté à la Société de dermatologie un malade, qu’ils avaient déjà montré une première fois, il y a un an environ. Il présentait alors des tumeurs occupant la région cervicale et la partie supérieure du thorax; Ces tumeurs étaient diuffses, infiltrées dans la peau, avec laquelle elles faisaient corps, et dans le tissu conjonctif voisin; elles étaient parcourues à la surface par des télangiectasies étendues. Malgré les essais thérapeutiques, ces tumeurs progressaient, le cou avait atteint 52 centimètres de circonférence,
MALADIE DE HODGKIN
le malade était menacé de mort par suffocation. Le diagnostic histologique était celui de lympho-sarcome, d’après MM. Gastou et Darier. Sous l’influence de la radiothérapie qui lui fut faite par M. A. Weil, le malade a vu rétrocéder ses tumeurs et son cou, son thorax reprendre l’apparence normale. Il est actuellement guéri. La dose absorbée fut de 22 unités H le premier mois et 17 le second.
MALADIE DE HODGKIN
On ne connaît pas de thérapeutique efficace contre cette maladie. Tous les procédés employés jusqu’à présent ont presque complètement échoué. Aussi est-il intéressant de voir, rapidement, les résultats que la radiothérapie a pu fournir.
Villiams, dans la deuxième édition de son ouvrage, cite un cas amélioré par les rayons X. Il s’agissait d’un homme de 21 ans, atteint de cette affection depuis une année. Le traitement dura 7 mois ; on lit 3 expositions par semaine, de 10 minutes de durée chacune. Chaque foyer fut traité séparément.
Le volume des ganglions diminua, l’état général s’améliora et le malade revint à un état satisfaisant. Après cessation du traitement, la maladie récidiva, et le patient mourut au bout de 9 mois. Deux autres malades furent traités de la même façon, l’amélioration fut très rapide, mais les malades ne purent être suivis.
Il croit que cette méthode donne au début des résultats étonnants ; mais il n’ose se prononcer sur la durée de la guérison. En tout cas, il est certain que chez le premier malade l’état général fut amélioré et l'existence prolongée.
Cet auteur cite également 2 cas rapportés par Pusey, où l'influence favorable des rayons X est évidente.
Le premier malade avait été vu par Ochsner, qui avait posé
4lO ACTION RÉSOLUTIVE SUR LES NÉOFORMATIONS CONJONCTIVES
le diagnostic et opéré chirurgicalement un des côtés malades (région cervicale). L’autre côté fut traité par les rayons X, et, au bout de 2 mois de traitement, la tumeur, qui atteignait au début la grosseur d’un poing, ne présentait plus que celle d’une amande.
Le malade vient se faire traiter de temps en temps, et depuis 5 mois l’état ne s’est pas aggravé.
L’autre malade présentait une volumineuse masse ganglionnaire à l’aiselle (tête d’enfant). Les injections arsenicales ne produisirent aucune amélioration. La radiothérapie appliquée par Pusey provoqua une diminution notable du volume de la tumeur et le malade put jouer au billard ! Puis les ganglions axillaires disparurent totalement et cet état dure depuis quelque temps, sans récidive.
Senn rapporte deux observations intéressantes :
La première concerne un homme de 43 ans, atteint de cette maladie depuis un an. La lésion avait débuté au cou et envahi les creux axillaires, les plis inguinaux, le médiastin, les ganglions trachéo-bronchiques. La rate était très grosse. L’examen du sang montra une anémie nette. Après 34 applications, les tuméfactions glandulaires disparurent. Mais au bout de 3 mois, il se produisit une nouvelle poussée, qui céda à 10 nouvelles irradiations. Depuis 8 mois, l’état est satisfaisant.
Le second cas est celui d’unmalade âgé de 53 ans. L’affection avait débuté 10 ans auparavant. Tous les traitements employés jusque-là n’avaient produit aucune amélioration. L’examen du sang donna 73 p. 100 d’hémoglobine : 3.875.000 d’érythrocytes, 208.000 de leucocytes, comprenant : 78,75 p. 100 de petits lymphocytes, 14,25 p. 100 de grands lymphocytes, 2 p. 100 de formes de transition, 5 p. 100 de leucocytes à noyaux multiformes.
Après 15 irradiations, les glandes diminuèrent, et un nouvel examen du sang donna : hémoglobine, 85 p. 100 ; érythro-
MYCOSIS FONGOÏDE 4 1 1
cytes, 4.450.000 ; leucocytes, 76.000. On fit de nouvelles applications, et le nombre des leucocytes tomba à 46.500.
L’état général du patient s’améliora peu à peu pendant ce temps ; son poids augmenta, et sa pâleur s’atténua.
Nous avons eu l’occasion de faire deux applications à un malade atteint probablement de cette affection ; mais, comme il n’est pas revenu à l’hôpital, nous n’avons pu faire l'examen du sang et nous ne savons pas quel résultat nous avons obtenu.
Néanmoins, les observations de Williams, de Pusey et de Senn sont suffisamment probantes pour qu’il soit légitime d’essayer ce traitement. Il en est de même de celles de MM. Bryant et Crane-Bangor.
Du reste, le travail récent de M. Heinecke semble prouver que les rayons X ont une action élective sur les lymphocytes, d'où leur effet curatif sur les leucémies et pseudodeueémies. La dose n'aurait même pas besoin d’être considérable, puisque, d’après cet auteur, une quantité incapable de modifier les téguments serait suffisante pour produire la destruction des lymphocytes et la phagocytose de leurs noyaux.
Il faudra cependant prendre garde aux phénomènes généraux qui pourraient survenir à la suite d’une résorption trop rapide de ces éléments.
MYCOSIS FONGOÏDE
Le mycosis fongoïde est une affection grave, régulièrement fatale, dans laquelle aucune médication ne semble agir avec efficacité. Tous les traitements internes ou externes ont été essayés, sans qu’il en résulte une grande amélioration, même temporaire.
Au mois de juillet 1903, M. Brocq nous confia une femme venue du Canada, atteinte de mycosis fongoïde, au stade eczé-
matique, avec nombreuses tumeurs non ulcérées, pour la traiter par les effluves de haute fréquence, afin de calmer le prurit intense dont elle souffrait. Ne connaissant pas alors les travaux de Scholtz, qui du reste ne semble pas avoir eu dans cette affection des résultats très satisfaisants, nous eûmes l'idée, avec notre excellent ami M. Civatte, d'essayer la radiothérapie. Nous avions déjà constaté que les rayons X semblaient avoir une action favorable sur certaines tumeurs cutanées ; il était donc légitime de voir quels résultats ils pouvaient donner sur une tumeur mycosique. Du reste, nous n'avions rien à risquer, car même si nos applications devaient être suivies d’une réaction violente, d’une nécrose superficielle, nous pouvions en espérer une amélioration locale. Dans ces conditions, nous finies, sur deux ou trois grosses tumeurs de la tête et de la face, quelques séances assez intenses pour déterminer une réaction vive, sans toutefois risquer la nécrose. Nous finies absorber environ 10 11 à chaque tumeur, en deux séances consécutives, séparées par un jour d’intervalle, avec des rayons n° 4 ou 5. Le reste de la figure fut protégé par une lame de plomb. Un des premiers effets fut la disparition totale du prurit dans les 2 ou 3 jours qui suivirent la première application. Au bout de 6 à 8 jours, la peau qui recouvrait les tumeurs devint légèrement érythémateuse, puis peu à peu prit une teinte brunâtre. Elle devint plus souple ; l’ensemble des tumeurs était moins dur. Au bout de 16 à 20 jours, les tumeurs avaient notablement diminué de volume ; leur consistance s’était modifiée, et la peau n’était presque plus infiltrée. Le prurit n’avait pas reparu. La réaction était en Amie de disparition ; il ne restait qu’un peu de pigmentation. Nous avons fait alors une ou deux nouvelles séances, et peu à peu les tumeurs irradiées finirent par disparaître totalement, sans qu’il eût été nécessaire de pousser la réaction plus loin que l’érythème.
Encouragés par ces résultats, nous avons attaqué par ce pro-
MYCOSIS FONGOÏDE
cédé successivement les tumeurs de la face et celles du corps ; actuellement, toutes celles qui ont été traitées ont disparu sans qu’il se soit produit de nouvelle poussée.
Les rayons employés correspondaient au n° !\ ou 5 de l’appareil de Benoist, et nous n’avons jamais dépassé 9 ou 10 11 par tumeur et par série de séances . Ainsi, nous faisons absorber, en une seule fois ou en deux séances consécutives, la dose choisie et nous attendons 15 à 20 jours. A cette époque, si l’érythème est léger, si la malade n’éprouve aucune sensation de brûlure, en un mot, si la réaction est disparue ou atténuée, et que la tumeur soit encore dure et volumineuse, la peau infiltrée, nous faisons de nouveau absorber 10 II environ et nous attendons.
Cette méthode est continuée jusqu’à ce que la lésion soit totalement disparue, en diminuant peu à peu la quantité absorbée.
Il est évident que la dose absorbée en une séance doit varier suivant la sensibilité spéciale de la région où se trouve la tumeur.
De même, le nombre des applications nécessaires à la disparition totale des tumeurs a été différent suivant le volume de cellesci et suivant la région sur laquelle elles se trouvaient. C’est ainsi que, pour les gros nodules, du volume d’une noix, situés sur le front, l’arcade sourcilière, la lèvre supérieure, il a fallu 8 séances, par séries de 2 séances consécutives, dans lesquelles (2 séances) on a fait absorber environ 8 à 10 H. La dose totale a donc été de 35 à 40 H répartis en 4 séries d’application, séparées par des intervalles de repos d’un mois environ.
Sur les joues, où les tumeurs étaient moins volumineuses, 4 séances, réparties en 2 séries de 2 séances, ont été suffisantes. La dose totale a donc atteint 20 à 25 H.
Une tumeur de la paupière, plus petite, fut guérie après avoir absorbé 9 ou 10 H.
Nous faisons à la malade des applications tous les jours ou tous les 2 jours, mais en changeant les points d’application,
de façon à ne revenir sur un point déjà traité que lorsque la réaction est calmée, c’est-à-dire en moyenne 25 à 30 jours après la dernière séance. De cette façon, nous avons pu traiter un grand nombre de foyers morbides, tout en restant dans des conditions techniques parfaites.
Certaines parties du corps où l’affection revêtait l’aspect érysipélatoïde, furent très améliorées par des séances relativement moins intenses. L’ampoule fut placée plus loin de la surface cutanée, de façon à irradier avec une intensité égale tous les points d’une plus grande surface. Une dose de 6 à 7 11, absorbée en une ou deux séances, nous a paru suffisante dans beaucoup de régions.
Du reste, nous avons, avec MM. Brocq etBisserié, présenté cette malade à la réunion de la Société de dermatologie, en février 1904 ; elle était déjà très améliorée, et voici ce que M. Brocq disait à cette époque : « Certes, nous savons que l’on peut observer des régressions spontanées des tumeurs et des arrêts également spontanés dans l’évolution du mycosis fongoïde ; mais ces régressions et ces arrêts n’ont jamais la marche régulière et ne revêtent jamais les allures franches d’évolution vers la guérison que l’on constate chez cette malade. Ajoutons, pour entraîner la conviction de ceux qui conserveraient quelque scepticisme, que ces effets ont toujours été ici consécutifs aux séances de radiothérapie.
« De tous les résultats que nous avons déjà obtenus avec les rayons X, ceux-ci nous paraissent être les plus remarquables et, disons le mot, les plus consolants pour l’avenir. Certes, nous savons que ce merveilleux agent thérapeutique peut faire disparaître les épithéliomes superficiels, beaucoup d’autres néoplasies épithéliales (et disons à ce sujet que les résultats que nous avons présentés en novembre, se sont confirmés et multipliés à notre policlinique de Broca) ; mais enfin on pouvait, avant l’introduction des rayons X en thérapeutique, guérir les épitlié-