‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 63 sur 94 · PI. IX · texte numérisé non relu

PI. IX

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ Observation I

Avant le traitement

Après le traitement radiothérapique Rayons N°* S à 6. — Dose totale 35 H.

P. Colas, Gravr-Impr

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ 449

Évidemment non. Une telle manière de faire conduirait à coup sùr à l’insuccès.

On sait qu’il existe actuellement plusieurs méthodes de traitement de cette affection : la radiothérapie, la cautérisation, le curettage, l’ablation chirurgicale et un procédé mixte, consistant à gratter superficiellement la lésion et à faire consécutivement des applications radiothérapiques.

La première méthode a-t-elle le droit de supplanter les autres, et dans quelles conditions leur est-elle préférable ? Il nous faut, pour répondre à cette question, passer en revue les principales formes cliniques d’épithélioma cutané, en faisant abstraction des formes ulcérées du sein que nous étudierons plus loin. Nous verrons, chemin faisant, quelle s sont celles qui sont leplus favorablement influencées par les rayons X.

Il va sans dire que les formes graves (cancroïde rongeant, par exemple) occupant toute une partie de la face, et de ce fait inopérables, ne permettent pas le choix des procédés. 11 faut faire des applications radiothérapiques, les faire avec d’autant plus d’intensité que la lésion est plus grave et a une extension plus rapide, n’étant limitée que par la sensibilité des plans sousjacents. On doit savoir que dans ces cas les rayons X, tout en produisant quelques améliorations, telles que : diminution de la douleur, de l’odeur, etc., ne conduiront qu 'exceptionnellement à la guérison. Ils constitueront néanmoins une excellente méthode palliative.

Un type clinique plus commun est l’épithélioma compliqué d’adénopathies. Le plus souvent, on ne sait si ces adénopathies sont cancéreuses. Dans le doute, dit Leredde, il faut intervenir au bistouri. « On pourrait, à la rigueur, ajoute-t-il, traiter le foyer initial par la radiothérapie, mais à quoi bon, puisque déjà on doit chloroformer le malade ? Mieux vaut tout enlever dans une seule intervention chirurgicale. » Evidemment ce procédé serait excellent si sa réalisation était toujours possible. On peut,

BELOT

sy

ordinairement, attaquer chirurgicalement la plupart des adénites symptomatiques d’un épithélioma ; mais on ne peut jamais être sùr d’enlever totalement tous les foyers morbides.

11 faut savoir, en plus, que souvent, lorsque les ganglions sont peu prononcés, le traitement radiothérapique de la lésion primitive provoque la diminution, parfois même la disparition de ceux-ci. Ce fait a été signalé par plusieurs auteurs. Nous avons, avec Bisserié, constaté ce phénomène dans divers cas d’épithélioma ulcéré, accompagnés d’adénopathie. Nous croyons pouvoir l’attribuer à deux causes. 11 est probable que les adénopathies sont souvent de nature carcinomateuse, mais il est logique de leur assigner aussi, parfois, une origine simplement inflammatoire. Quand les malades nous arrivent à l'hôpital, leur lésion est, en général, en fort mauvais état. Elle a été soumise à diverses médications ; elle a été irritée, souvent même infectée secondairement. La conséquence en a été l'apparition d’une adénopathie, si elle n’existait déjà, son augmentation, si elle était préexistante.

Le nettoyage de la surface ulcérée par des pulvérisations et des pansements aseptiques peut déjà favoriser la régression ganglionnaire. Cet effet est encore augmenté par les rayons X. Ceux-ci font disparaître la mauvaise odeur, augmenter le suintement, diminuer la suppuration et rendent la surface moins sanieuse en favorisant le bourgeonnement. Ils produisent par eux-mêmes un nettoyage réel de la plaie, et les ganglions inflammatoires diminuent. L’elfet direct de la radiothérapie sur les cellules cancéreuses peut déterminer secondairement une régression ganglionnaire.

Nous avons, en effet, soigné, avec Bisserié, une jeune femme atteinte d’une récidive cutanée d’un cancer du sein opéré. La surface malade ne présentait aucune altération, et la lésion s’accompagnait de deux ganglions superficiels et d'un plus profond, silués dans le creux axillaire. Les applications radiothé-

Belot

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ Observation II

Page 1