‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 64 sur 94 · PI. X · texte numérisé non relu

PI. X

Avant le traitement

Après le traitement radiothérapique Rayons Nos S. — Dose totale absorbée 4g H.

(Voir la courbe dosimétrique au commencement de la troisième partie du volume)

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ

rapiques furent exclusivement faites sur la poitrine (au début) et les deux ganglions de l’aisselle disparurent en même temps que les nodules cutanés. Enfin, dans certains cas, nous avons vu les ganglions carcinomateux céder rapidement à des irradiations modérées, dirigées sur eux, fait constaté aussi par Perthes, de Leipzig.

Tout cela, pour dire que, du fait qu’un épithélioma cutané s’accompagne d’adénite, il ne relève pas nécessairement de la chirurgie. Il en relève d’autant moins que cette affection ne s’accompagne ordinairement de poussée ganglionnaire qu’au dernier stade de son évolution. Dans ce cas, l’épithélioma est souvent inopérable ou ne peut être enlevé qu'au prix d’une perte considérable de tissu. En tout cas, si la préférence est donnée au procédé sanglant, suivi ou précédé de curettage ganglionnaire, il sera prudent de faire suivre l’intervention d’applications radiothérapiques. Elles compléteront l’opération et préviendront la récidive.

Le cancroïde de la lèvre inférieure, souvent compliqué d’adénopathie, fait exception à la règle précédente. Cette localisation, pour des motifs qui nous échappent, semble, jusqu’à présent, rebelle à la radiothérapie. Les irradiations ne hâtent pas la cicatrisation ; l’évolution continue malgré elles. L’adénite reste stationnaire. Nous ne savons pas si des applications ont été faites par les auteurs sur les ganglions eux-mêmes, mais leur disparition n’aurait qu’un intérêt minine, puisque la lésion principale, au lieu de s^ modifier, continue à progresser. Depuis quelques années, les Américains ont signalé ces faits. Pusey, Whitte, Stelwagon, Gilchrist, insistent sur ce point. Ilyde et Montgomery ont constaté une amélioration passagère, suivie d’une aggravation rapide. Williams, Shepherd conseillent de traiter cette affection par le procédé chirurgical. Quelques auteurs, cependant, prétendent avoir obtenu des guérisons Nous n’avons aucune expérience personnelle ; mais nous avons

vu un malade, atteint d’un cancroïde de la lèvre inférieure, qui avait été plutôt aggravé par des applications radiothérapiques bien conduites. Nous traitons en ce moment un homme atteint de cette affection et dont la tumeur a été enlevée chirurgicalement.

Il semble donc qu’il y ait, dans cette localisation, quelque chose de spécial (qui nous échappe) qui la rend réfractaire au traitement. Des essais sérieux devront être faits ; mais, en attendant, il est préférable d’avoir recours systématiquement à l’excision chirurgicale totale.

La forme qui est le plus rapidement modifiée est celle qui est caractérisée par une ulcération centrale, croùteuse ou non, entourée d’un bourrelet dur et plus ou moins saillant. C’est à elle que Leredde et Hallopeau ont donné le nom d’épithélioma adulte. Dans ces cas, la radiothérapie est, sans contredit, la meilleure méthode de traitement. Rapidement, les bords s’affaissent, la cicatrisation se fait et la cicatrice consécutive est si belle que, le plus souvent, elle est à peine visible.

Les épithéliomas présentant une ulcération sanieuse, taillée à pic, reposant sur une base plus ou moins dure, sont, eux aussi, rapidement améliorés, quoique la cicatrisation demande plus de temps que pour le type précédent.

Lorsque la lésion est végétante, exubérante, envahissant une grande surface, la radiothérapie est encore une excellente méthode. Un a à choisir entre deux procédés: ou bien faire, comme le conseille Yilliams, des irradiations intenses de façon à forcer la tumeur à se détruire, les éléments carcinomateux se comportent alors comme des corps étrangers et sont éliminés ; ou bien employer la méthode mixte, préconisée par Stelwagon et d’autres, qui consiste à faire un grattage superficiel préalable. Il est certain que l’on peut obtenir la guérison par la radiothérapie seule, même lorsque les lésions sont étendues ; mais le traitement est très long. Nous avons l’habitude, dans ces formes, de pratiquer un grattage préalable, très superficiel, simplement pour aplanir

Belot

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ Observation III

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