‹ La Radiotherapie son application aux affections cutaneesChapitre 65 sur 94 · PI. XI · texte numérisé non relu

PI. XI

Avant le traitement

Apres le traitement radiothérapique Rayons Nos 5 à 6. — Dose totale absorbée 36 H.

P. Colas, Gravr-Impr

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ

la lésion, sans chercher à enlever tous les tissus malades. Puis nous appliquons les rayons X immédiatement après ; ils ont même, dans ce cas, une action hémostatique. Nous avons de cette façon obtenu d'excellents résultats dans un temps relativernent court. Les cicatrices sont superbes, à peine visibles, sans rétraction, et l’on peut dire que, dans beaucoup de cas, aucune autre méthode n’est capable de donner de pareils résultats.

Lorsque la tumeur est croûteuse, sèche, il est préférable d’enlever les croûtes, soit par une pulvérisation, soit avec la curette : le résultat définitif est plus rapide. Seule, la radiothérapie demande beaucoup plus de temps. Peut-être la croûte, à cause de son épaisseur, arrête-t-elle une partie des radiations actives ? Toujours est-il que des cas analogues, soignés les uns sans grattage, les autres après grattage superficiel (ablation de la croûte), nous ont donné des résultats différents comme modification et comme durée de traitement. Dans un cas, localisé au nez, nous n’avons obtenu la guérison apparente que lorsque nous nous fûmes décidé à enlever, d’un coup de curette, la grosse croûte sèche, adhérente, qui recouvrait la surface malade.

Il nous a paru en être de même dans les séborrhées concrètes préépithéliomateuses, qui sont déjà de l’épithélioma.

La dernière modalité dont nous parlerons est l’épithélioma perlé : il peut être simple et non ulcéré, ou constitué par une ulcération centrale plus ou moins étendue, entourée de perles épithéliales. Dans ces cas, on arrive très difficilement, par la radiothérapie seule, à produire la guérison. La cicatrisation de l’ulcération, quand elle existe, se fait assez vite. Les perles diminuent de volume après un nombre relativement élevé d’applications, mais elles subsistent et leur disparition complète est parfois très longue à obtenir. Aussi avons-nous l’habitude de faire sauter ces perles à la curette et de faire suivre cette intervention d’irradiations modérées, pour hâter la cicatrisation et lui assurer un aspect esthétique.

Les nombreuses guérisons objectives que nous avons obtenues nous portent à croire que la radiothérapie est appelée à remplacer souvent les autres méthodes de traitement de l’épithélioma cutané. Certaines localisations (lèArre inférieure) semblent, pour le moment, relever de la chirurgie ; mais il est possible quenosinsuccèsproviennent d’une technique défectueuse et l’avenir nous réserve peut-être des surprises. Quant aux formes végétantes, croùteuses et perlées, il est certain qu’un léger grattage estle plus souArent, sinon indispensable, du moins préférable.

Comme le dit justement Yilliams, il est possible que l’on arrive un jour à cette opinion, que la plupart des formes cutanées du cancer sont plus facilement améliorées par la radiothérapie que par la chirurgie, et il ajoute : « Dans quelques années, les seuls cas qui relèAreront de la chirurgie seront ceux qui tiendront le milieu entre les formes inopérables et les formes légères ; la combinaison des deux méthodes donnera souvent des résultats heureux. »

En admettant même que les deux procédés aient la même action, la radiothérapie aura sur la chirurgie les avantages suivants : Le traitement ne cause pas de douleur, celle-ci est ordinairement calmée ; la mauvaise odeur, quand elle existe, est supprimée. Le patient pusillanime n’a pas à redouter le couteau, et il est toujours possible d’y aAroir recours si la radiothérapie échoue. La guérison se produit sans dermatite ; seul, un érythème, parfois assez prononcé, peut être nécessaire. Les résultats, au point de A'ue cosmétique, sont supérieurs à ceux que donnent les autres procédés. Le traitementpeut être poursuivi sans obliger le patient à quitter ses occupations ; la guérison est ordinairement rapide.

On peut affirmer aussi que, logiquement, les chances de récidive sont moindres. Les rayons X semblent agir directement et électrvement sur les éléments néoplasiques et ont, par suite, moins de chance d’en oublier que le couteau. L’avenir nous éclairera sur ce point.

Belot

ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ Observation IV

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