PI. XII
Avant le traitement
Après le traitement radiothérapique Rayons Nos S à 6. — Dose totale absorbée 20 H.
ÉPITHÉLIOM V CUTANÉ
En présence d’un cas quelconque, le praticien pourra parfois hésiter dans le choix d'une méthode. Qu’il se guide sur la situation, l’évolution, la forme, l’aspect objectif de la lésion, et qu’il se souvienne que les formes ulcérées, du type épithélioma adulte, sont celles qui sont le plus rapidement guéries.
M étiiode de traitement. — Nous allons décrire notre méthode habituelle d'application, mais elle doit varier nécessairement suivant les cas.
Elle repose sur les principes suivants :
1° Faire absorber, en 1 ou 2 séances successives, la dose la plus élevée compatible avec l’intégrité relative des téguments ;
2° Attendre, pour passer à une seconde étape du traitement, le temps nécessaire pour que les phénomènes inflammatoires, qui pourraient se produire, soient apparents et, s’ils sont violents, attendre leur régression.
Lorsque le patient est atteint d'un épithélioma ulcéré, avec bourrelet, nous faisons absorber à la partie malade, en 1 ou 2 séances consécutives, une dose de 10 à il H. Il va sans dire que l'irradiation doit porter en même temps sur une bordure saine d’environ 5 millimètres de largeur. Si la lésion est localisée à une région sensible, au nez par exemple, il sera prudent de ne pas dépasser 8 à 9 H. Les rayons correspondent, comme pénétration, au numéro 5 ou 6 du radiochromomètre de Benoist. Puis le malade est renvoyé à 20 jours. A son retour, suivant l’état de la lésion, nous continuons ou nous laissons évoluer les phénomènes. Ordinairement, l’ulcération s’est déjà modifiée et l'inflammation est minime. Une nouvelle dose de 8 à 10 II est absorbée. Nouveau repos de 15 à 20 jours. Après ce laps de temps, nouvelle séance, suivant l’état des téguments, avec dose ordinairement plus faible, 5 à 6 H, la lésion étant en régression ; si tout est resté stationnaire, nous faisons absorber de nouveau 10 II, et ainsi de suite, en diminuant la quantité suivant que la régression se produit et que l'inflammation est
marquée. Mais il faut savoir que les productions épithéliales ulcérées supportent facilement la dose de 10 H et qu’une réaction violente a toujours été l’exception dans nos observations.
Lorsque les applications radiothérapiques sont précédées d’un grattage, voici comment nous procédons. La surface végétante est aplanie à la curette, mais on ne cherche nullement à enlever tous les prolongements morbides. Au bout de 4 à 5 jours la première irradiation est faite ; elle est conduite de façon à faire absorber environ 8 à 10 unités H. Cette dose est très bien supportée par la surface dépourvue de téguments. Au bout de 15 à 20 jours, on fait une nouvelle séance, avec la même dose. Puis on fait absorber des quantités progressivement décroissantes, jusqu’à cicatrisation complète. La région est pansée, au début, avec de la pâte épaisse de zinc et une pulvérisation précède l’application radiothérapique.
De cette façon, nous avons obtenu la guérison objective d’un volumineux épithélioma, englobant l’aile du nez et la paupière inférieure, en un temps relativement court (3 mois environ), et avec une dose totale de 35 H seulement. Le résultat esthétique a été parfait ; la paupière inférieure, qui était envahie et qui, avant le traitement, présentait un peu d’ectropion, est aujourd’hui tout à fait normale et on peut dire qu’aucune autre méthode n’aurait donné d’aussi bons résultats ( planche IX).
Voici généralement comment évoluent les phénomènes de réparation :
Un des premiers effets du traitement, presque constant, est la diminution rapide de la douleur, et sa cessation compltèe au bout de quelques semaines.
Puis, rapidement, l’ulcération, lorsqu’elle existe, se modifie. Sa surface sanieuse, jaunâtre, suintante, change d’aspect, et en même temps l’écoulement devient très abondant. Ce fait, qu’a déjà signalé Leredde, est presque constant dans les formes ulcérées, et particulièrement dans celles dont l’ulcération est
Belot