PI. XIII
ÉPITHÉLIOMA CUTANÉ Observation due à l'obligeance de M. le I> Beclere Médecin de l’hôpital Saint- Antoine
Microphotographie dune coupe de néoplasme montrant l’effondrement de la membrane basale
Photographie de deux moulages pris avant et après le traitement Rayons N° 6. — Dose totale absorbée 5 4 H.
ÉPITHÉL10MA CUTANÉ
entourée d’un bourrelet saillant. « La plaie jette beaucoup disent les malades. » Il est dù probablement, soit à la réaction inflammatoire que déterminent les rayons X, soit plutôt à la désintégration des cellules carcinomateuses, dont une partie s’élimine au dehors. L’odeur fétide que dégagent certaines ulcérations s’atténue peu à peu. Le bourrelet s’affaisse, la plaie se rétrécit, l’ensemble devient moins dur. Si la surface malade saignait facilement, cette tendance à l’hémorragie disparait rapidement. On peut, comme le dit Leredde, voir la réparation se faire sous ses yeux.
Si la lésion est recouverte de croùtelles, celles-ci deviennent d’abord plus nombreuses, plus volumineuses, plus épaisses, puis elles tombent ; de nouvelles formations se produisent ; elles sont de moins en moins épaisses et tombent rapidement finalement, elles cessent de se produire.
Dans les cas où l’ulcération est profonde, avec bords taillés à pic, comme cela se rencontre parfois sur le nez, il est curieux de voir le fond de l'ulcère se modifier, bourgeonner, s’élever peu à peu, venir finalement presque affleurer le niveau de la peau saine, et donner naissance à un tissu cicatriciel non déprimé et à peine apparent. C’est dire que les résultats sont très beaux au point de vue esthétique, et certainement supérieurs à ceux fournis par le procédé chirurgical ou par les cautérisations.
Tous les malades que nous avons soumis à cette méthode ont été heureusement modifiés, la plupart ont été guéris : d’autres sont encore en traitement. Sur 27 épithéliomas cutanés que nous avons traités à Broca, 15 sont objectivement guéris,? sont améliorés (quelques-uns sont presque guéris) et 8 sont encore en traitement ; 4 ont cessé de venir régulièrement à l’hôpital pour cause inconnue. La dose totale absorbée par chaque malade a varié entre 20 H et 45 H en moyenne. Un seul cas de récidive s’est produit : il a du reste cédé facilement à quelques nouvelles irradiations.
On voit que le pourcentage des guérisons est très satisfaisant, d’autant plus que, parmi les 7 malades améliorés, la plupart seront complètement guéris dans un mois.
Quant à la durée de la guérison, les statistiques parues jusqu’à présent sont très encourageantes ; les récidives paraissent être exceptionnelles. Mais a-t-on le droit d’être aussi optimiste ? Notre expérience est encore insuflisante pour que nous puissions nous prononcer. Quand les malades que nous avons objectivement guéris auront conservé cet état pendant à ou 5 ans, nous pourrons être plus affirmatifs.
En attendant, que l’on ne nous fasse pas dire autre chose. Nous ne prétendons pas, par cette méthode, guérir définitivement le cancer de la peau. Ce que nous pouvons affirmer, c’est que la radiothérapie guérit objectivement et momentanément la plupart des néoplasies cutanées, que les cicatrices qu’elle permet d’obtenir sont très belles et qu’avec elle, théoriquement, les chances de récidive paraissent devoir être moindres qu’avec les autres procédés.
Nous résumerons la plupart de nos observations à la fin du paragraphe suivant.