FORMATION TERRITORIALE DE L'UNION AMÉRICAINE
Le domaine publie ou national des Etats-Unis, qui est indépendant de celui des Etats individuels, joue un rôle considérable dans le fonctionnement des institutions de ce pays. Une grande partie des questions qui s'agitent au Congrès y ont trait, plus ou moins directement, sous des aspects multiples : achats de vastes territoires en la possession des Indiens, ou échange de terres avec eux ; cadastre des terres de cet immense domaine, soumis à une orientation nouvelle et méthodique; impulsion ou restriction à donner à l'émigration étrangère ; aliénation des terres par des voies diverses, à l'enchère, à l'amiable, par préemption, par la création de homesteads, etc., en vue de faire jaillir à la fois toutes les sources de la richesse publique ; donations de terres plus ou moins étendues aux Etats, dans un but d'amélioration et d'utilité générale; formation de territoires, berceaux de nouveaux États ; assainissement de contrées marécageuses; concessions de terres fort étendues à des compagnies de chemins de fer ou de canaux de grande communication, destinés h relier ensemble les extrémités de cet empire ; facilités de création de towns et cités; aide à l'instruction publique; récompenses nationales; indemnités de toute sorte, etc. Dans toutes ces circonstances, le Congrès a les yeux toujours tournés vers ce thermomètre, qui est dans un état constant d'oscillation. En un mot, quelque vastes que soient ses entreprises, il
puise à pleines mains dans ce trésor inépuisable, qui rend praticables des desseins gigantesques impossibles à d'autres nations beaucoup moins favorisées.
Avant d'entamer ce sujet, esquissons rapidement les origines des possessions américaines composant aujourd'hui le domaine des États-Unis.
Tout le territoire occupé par les treize colonies fondatrices de l'Union devenues États leur a été abandonné par l'Angleterre, aux termes du traité de paix de 1783, dans les limites alors fixées, destinées à les séparer de ce qui devait rester à cette puissance sur le continent américain. Quelques-uns de ces États prétendaient d'abord avoir seuls droit, d'après leurs chartes royales, à toutes les terres au nord-ouest et au sud-ouest qui, encore désertes ou à peu près, faisaient suite aux parties de territoire effectivement occupées par eux; mais ils renoncèrent, par la suite, à ces prétentions comme on Ta déjà vu, en sorte que le domaine public de l'Union se trouva considérablement étendu jusqu'au fleuve Mississipi.
Indépendamment de ces renonciations, quelques-uns des États fondateurs devaient, dans un espace de temps plus ou moins rapproché, subir de leur propre consentement, des démembrements destinés à former de nouveaux Etats. Ainsi, le Kentucky et, beaucoup plus tard, la Virginie- Ouest, naquirent de la Virginie proprement dite ; le Vermont, de New-York, et plus tard, le Maine du Massachusetts. Au sud-ouest se formèrent le Tennessee, territoire détaché de la Caroline du Nord ; le Mississipi et l'Alabama, territoires concédés par la Caroline du Sud et venant de la Géorgie, avec addition d'un petit coin de l'ancienne Floride. Quant au territoire nord-ouest, dont la condition politique fut réglée par l'Ordonnance de 1787, cinq États, parmi les plus importants de l'Union, y ont été créés, savoir : l'Ohio, l'Indiana, le Michigan, l'Ulinois et le Wisconsin, dont une bande de terre, malgré les termes de cette ordonnance, a été détachée pour compléter l'État du Minnesota.