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TENTATIVES POUR FAIRE ACCEPTER LE DROIT DE PRÉEMPTION

La faveur du droit de préemption, toujours accordée d'une main parcimonieuse, aux pionniers qui, çà et là, s'établissaient, sans titre, sur les terres du domaine public, soulevait des jalousies sans satisfaire complètement ceux qui en étaient l'objet. La plupart des États de l'Ouest se plaignaient de ce qu'une grande partie des terres enfermées dans leurs limites constitutionnelles appartenaient à un gouvernement autre que le leur propre (au gouvernement fédéral), et de ce que ces terres échappaient aux taxes d'État. Eux seuls, disaient-ils, étaient aptes à en tirer parti, en attirant des émigrants qui fertiliseraient le sol et accroîtraient la richesse du pays. D'autres réclamaient ces terres en vertu d'un droit abstrait et primordial. Les anciens États, à leur tour, soutenaient que la destination de ces possessions, au Nord-Ouest, avait été déterminée par les accords intervenus entre les Élats : c'était un fonds commun appartenant à tous et non à quelques-uns seulement. D'ailleurs, ajoutaient-ils, on s'était déjà montré fort libéral envers de jeunes Étals en détachant du domaine public des terres qui furent affectées à l'éducation de leurs enfants, avantage dont n'avaient point profité les autres États. Ce conflit de prétentions fut, en décembre 1829, le prétexte d'une motion faite dans le Sénat du Congrès, par l'un de ses membres, M. Foot, qui proposait de limiter la mise en vente des terres à une certaine période de temps, et en l'appliquant seulement à celles de ces terres qui auraient jusque-là été offertes inutilement au prix minimum précédemment adopté (1). C'était l'immobilisation substituée à

(1) Tucker, History of the United States, vol. IV, p. 32.

la mise en circulation de ces terres, nécessaire au développement de la fortune du pays, politique aveugle, bien différente de celle préconisée depuis longtemps déjà dans le Parlement d'Angleterre.

En 4785, en effet, s'agitait dans la Chambre des communes la question de savoir quel serait le meilleur parti à tirer des terres incultes et des forêts de la Couronne. Un des membres les plus éminents de cette assemblée, fiurke, proposa un bill destiné à ordonner le sujet d'après un système qui était alors toute une nouveauté. 11 en soutint les dispositions par une argumentation qui montra une fois de plus la profondeur de vues de cet homme d'État. 11 disait entre autres choses (1) : « Vendre des terres au prix courant c'est ne rien faire de plus qu'une vente; mais le grand but à atteindre, peu importe le prix, est de faire passer les terres des mains de celui qui est impropre à les cultiver dans celles de l'homme qui saura les exploiter. Non seulement le vendeur et l'acheteur seront satisfaits du marché, maisr chose rare en pareil cas, le Trésor y trouvera aussi son avantage. Le principal profit que je propose de tirer de ces immenses solitudes, c'est leur mise en culture et leur peuplement, avantage bien autrement considérable que celui à provenir de la mise en fermage des meilleures terres. Jetez-les, ajoutait-il, dans la masse des propriétés privées, et vous aurez un revenu régulier à travers l'élaboration des opérations multiples de l'État. » Que voulait Burke, en effet? faire passer les terres, non dans les mains des spéculateurs, mais dans celles d'individus aptes à les cultiver eux-mêmes. Le morcellement amènerait un accroissement de population, et le travail des pionniers serait le générateur de l'industrie, du commerce, des rapports internationaux. Le cultivateur, tout en augmentant son bien-être par le travail, payerait aisément les charges publiques et contribuerait activement au fonctionnement des rouages de l'État. Dans cet ordre d'idées, le

(1) Benton, vol. I, p. 102.

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