LE DROIT DE PRÉEMPTION
dantle Congrès à régulariser des situations expectantes. Un acte du 29 mai 1830 accorda à tout pionnier, en possession à cette époque d'une portion des terres publiques par lui cultivée, un droit de préemption sur cette terre, pourvu qu'elle n'excédât point une superficie de 160 acres. Le bénéfice de cet acte fut même prorogé d'une année, dans le but de favoriser l'émigration. Ce mouvement vers une sage direction fut continué pendant plusieurs années encore, mais toujours à titre d'exception et d'une manière intermittente, tant les esprits se montraient peu accessibles à une certaine largeur d'idées, et tant était grande l'influence des spéculateurs qui y voyaient une menace à leurs intérêts. « Le gouvernement, dit un auteur américain, présentait alors une étrange anomalie, consistant à conférer un droit exclusif de préemption sur ses terres, c'està-dire un privilège, à des individus qui avaient violé les lois des États-Unis par cette même prise de possession illicite (1). » Cette ironie législative donna une force nouvelle au courant favorable aux pionniers.
(1) The North American Heview, août 1885, p. 176.