TERRES AFFECTÉES AUX RÉCOMPENSES MILITAIRES
parties du pays furent réservées dans les limites précises, pour couvrir les warrants auxquels elles étaient affectées. Ces réserves s'appelèrent Military districts, Les warrants applicables aux services rendus pendant la guerre de la Révolution furent expressément limités au district militaire dans TOhio. Pour la guerre de 1812, les warrants ne pouvaient porter que sur les districts militaires créés dans l'Illinois, le Missouri et l'Arkansas. Postérieurement, un acte du Congrès du 27 juillet 1842 décida, en réformant le passé", que tous les warrants destinés à récompenser des services militaires pourraient s'exercer sur des terres publiques quelconques, pourvu qu'elles fussent susceptibles de vente à l'amiable.
Le but auquel tendait le système des réserves militaires était d'encourager la prise de possession et la culture de ces terres par le soldat; mais l'éloignement de ces districts des grands centres de population, entraîna la ruine du projet et rendit les titulaires des warrants victimes de la rapacité deshommesd'afîaires, si déjà les terres elles-mêmes n'étaient vendues par autorité de justice, pour non payement des taxes d'État. Telles furent les considérations qui firent abandonner les réserves et laisser les porteurs de warrants libres de les appliquer sur des terres publiques qui auraient leur préférence quelque part que ce fût. Ce n'était point assez encore : la loi voulut greffer de nouveaux avantages sur ceux qui viennent d'être rapportés. Elle ordonna que les Bounty lands et les ivarrants seraient protégés contre les saisies et les ventes qu'on en voudrait faire pour engagements contractés par les militaires et marins avant la délivrance de la patente, de manière à assurer à eux et à leur famille, le plus longtemps possible, un home paisible, à l'abri de toute action judiciaire.
La guerre avec le Mexique fut proclamée le 13 mai 1846. Le 11 février suivant, le Congrès ordonna la délivrance de 88,217 warrants, donnant droit à 13,204,880 acres aux militaires qui s'y étaient engagés. La plupart de ces warrants étaient de 160 acres chacun. Tous furent remis aux
ayants droit, à l'exception d'un quinzième qui resta sans application précise et attendit encore longtemps les réclamations des retardataires.
En exécution d'un acte du Congrès du 28 septembre 1850, il a été délivré par le bureau du General Land office, en considération: 1° des guerres avec les Indiens, depuis 1790 : 2° de celle de 1812 : 3° à tous les officiers commissionnés pour la guerre avec le Mexique, 189,106 warrants embrassant 13,164,960 acres, dont moins d'un treizième restait encore non satisfait en 1867. Un acte du 22 mars 1852 vint étendre ces avantages, et autorisa l'émission de 11,983 warrants représentant 693,880 acres. Un autre acte du Congrès du 3 mars 1885 appela tous les officiers et soldats qui auraient servi dans Tune quelconque des guerres des Etats-Unis, depuis celle de la Révolution jusqu'audit jour 3 mars, ne fût-ce que pendant quatorze jours, ou même dansuneseule bataille, à recevoir 160 acres de terre, ou la portion qui, ajoutée à une partie déjà reçue, compléterait ce chiffre. Ces avantages ont été assurés aux veuves et à défaut de veuves aux enfants mineurs des militaires décédés saisis de ce droit (1).
En faisant son rapport annuelauSecrétairede l'Intérieur, le 27 octobre 1870(p. 182), le Commissaire du bureau général des terres résumait le nombre total d'acres des terres publiques accordées aux militaires de terre et de mer, et à leur défaut à leurs veuves et héritiers, et il en élevait le montant à 73,463,961 acres jusqu'au 3 mars 1865.
Nous n'entreprendrons point de reproduire les classifications faites par les lois et les statuts des Etats-Unis, pour la distribution à opérer entre les militaires, eu égard à la nature et à la longueur de leurs services respectifs. Disons seulement que ces services ne sont pas encore tous rémunérés aujourd'hui, par la lassitude ou la négligence des réclamants, par des pertes de warrants, ou faute de pièces justificatives. Cependant il ne paraît pas que cet état de
(1) Voir pour tous ces faits, The report of the Commissioner of the General Land office for 1867-68, p. 684, 685.