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CHAPITRE XX

YELLOWSTONE PARK

Le gouvernement n'a point limité son attention aux terres publiques dont il pouvait tirer profit pour le pays; il a aussi songé à créer un but d'attraction pour le délassement et le plaisir du peuple. C'est ainsi qu'il a, en 4872r jeté les bases d'un immense parc qu'il a formé, en détachant de l'État de Montana et du territoire de Wyoming des parties de terre fort importantes. Ce parc, dont les limites ne sont pas encore précisées, peut embrasser une superficie de 3000 milles, dont les 3/10 s'étendent sur le territoire de Wyoming. On y trouve à la partie ouest des geysers (sources jaillissantes d'eau bouillante), de plus, de riches mines, des lacs étendus, des parties montagneuses et rocheuses fournissant de belles cascades, et offrant des points de vue variés et très pittoresques, des bois, des espaces vides, etc. La loi du 1er mars 1872 décrit sommairement les contours de ce parc, en l'affectant exclusivement aux plaisirs de la population des Etals-Unis. A ce titre, cette propriété est placée sous la surveillance et confiée à la direction du Secrétaire de l'Intérieur, qui seul a pouvoir de faire tous les règlements d'administration et de police à observer par les visiteurs. Ces règlements ont surtout pour objet la conservation des bois, du minerai, du gibier, des curiosités naturelles du parc, et de prévenir tout vol, toute destruction, tous dommages, etc. Il a le pouvoir de faire des locations de quelques emplacements dont la durée ne peut excéder dix années, pour y élever des constructions propres à héberger les visiteurs. Les produits à provenir de ces locations et d'autres perceptions encore sont employés à couvrir partie des dépenses

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■de routes et de chemins. Le Secrétaire de l'Intérieur pourvoit encore à la garde du gibier, en publiant des règlements ^t des défenses que les agents sont chargés de faire respecter sous peine d'expulsion. Enfin il a droit de prendre toutes les mesures pouvant mener à bonne fin le parc alors projeté (Rev. Stat., sect., 2474, 2475).

Jusqu'à présent, peu de routes ont été faites; l'accès et le parcours du parc sont difficiles, dans quelques endroits impossibles. Le Secrétaire de l'Intérieur, dans son rapport au Président, du 1er novembre 1880, signalait la cause de cet état de choses, qui était le manque d'argent. Suivant lui, il faudrait une allocation de 50,000 dollars pour construire les routes et les chemins nécessaires. Quant aux locations d'une durée restreinte à dix années, elles rendaient impossible la construction des hôtels; personne ne la tenterait. Relativement au gibier et aux richesses naturelles du sol, il ne fallait point compter les garder, à moins de multiplier les surveillants, en les répandant à proportion de l'étendue de leurs districts. Tant que ces résolutions ne seront point adoptées, le parc sera inaccessible au peuple (1).

Depuis, des mesures ont été prises par le Secrétaire de l'Intérieur, mais très inefficaces en elles-mêmes ; elles n'empêchent point la chasse du gibier, qui est destructive, faute de surveillance sérieuse. Toutes les ordonnances publiées, toutes les prohibitions signifiées n'empêchent point leur violation, et les rares agents restent désarmés contre les coupables qu'ils ne peuvent amener devant la justice, tant sont grandes les distances qui les séparent des cours appelées à en connaître. Ainsi, la plus grande partie du parc est sous la juridiction des cours de Wyoming, et le surplus est du ressort des cours de Montana et d'Idaho, points très éloignés, où il est difficile, sinon impossible, de se rendre pendant l'hiver. Toute facilité est ainsi donnée aux délinquants d'échapper à la répression. Aussi longtemps que le

(1) Voir, sur ce sujel. Report of the Secretary of the Interior for 1880- 81, p. 64.

Congrès tardera à accorder les subsides réclamés, ce parc restera à l'état de projet. Cependant la curiosité y amène déjà bon nombre de visiteurs, qui forceront la main du législateur et l'obligeront à presser l'achèvement de cette œuvre destinée à devenir une merveille.

Les rapports du surintendant du parc de Yellowstone sont uniformément les mêmes quant aux demandes de subsides nécessaires pour conserver à ce parc non seulement sa richesse minérale, mais encore ses autres avantages, au nombre desquels figurent les forêts que des incendies multipliés tendent à détruire. Il demande au Congrès une allocation annuelle suffisante pour prévenir ces crimes. Jusqu'à présent, il n'a été détaché de l'armée qu'une compagnie de cavalerie commandée par le capitaine Harris, qui est aujourd'hui en réalité le chef du parc. Ce petit corps de troupes à déjà rendu de réels services ; mais il n'a pu empêcher les incendies si calamiteux pour ce pays, pas plus que les autres destructions causées par des gens sans aveu qui savent échapper aux poursuites. Il faut multiplier la surveillance et les agents, et faire exécuter les travaux propres à rendre ce parc un paisible lieu déplaisir. Une somme de 145,000 dollars était demandée en 1887 pour couvrir tous les besoins; mais le Congrès temporisa, et cette propriété importante perd un avantage qu'il faudrait lui assurer (1).

(1) Voir les rapports du Secrétaire de l'Intérieur pour 1883, p. 486, pour 1884-85, pour 86-87, p. 1291 . Voir aussi le rapport étendu adressé parP.-W. Norris, surintendant de ce parc, au Secrétaire de l'Intérieur, le 30 nov. 1868, qui décrit le parc et toutes ses ressources, à la suite du rapport sur les chemins de fer, p. 573 et suiv. Albany, 1868.

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