LES CHEMINS DE FER DEVANT LES ÉTATS DE L'UNION
voies de transport traversant leur pays. Cette prétention est repoussée par d'autres qui sont victimes de cet abus d'autorité. Ils réfutent ce système en disant que le passage d'un convoi à travers un État ne peut être soumis aux taxes particulières de cet État. Cette réglementation dépend uniquement du Congrès, comme étant une matière essentiellement fédérale. En effet, d'après l'article 1, sect. 8, § 3 de la Constitution, au Congrès seul appartient le pouvoir de réglementer le commerce avec les nations étrangères et entre les États. Or, ajoute-t-on, pourquoi un chemin de fer passe-t-il d'un État à un autre, si ce n'est pour des rapports de commerce ou d'affaires entre États? Un train ne sort d'un État pour entrer dans un autre que parce qu'il y est appelé pour répondre aux besoins des populations voisines : ce sont donc des rapports entre États qui tombent sous l 'application de l'article cité et doivent être réglés exclusivement, non par les États individuellement, mais par le Congrès, leur intermédiaire naturel, créé par la Constitution. Ces principes étant constants, si un État veut y contredire, il commet un acte d'usurpation d'autorité, qui doit être dénoncé aux cours de justice de l'Union chargées d'assurer l'exécution de la Constitution. Mais les rapports d'État à État sont parfois compliqués de similarités de commerce et d'industrie qui rendent les questions soulevées d'une nature très délicate, et réclament beaucoup d'habileté pour prévenir des mécontentements et l'agitation de questions constitutionnelles. L'intervention du Congrès en pareil cas peut être dangereuse. Ce corps politique s'est toujours fait une loi de n'aborder ces questions que le moins possible, lorsqu'il ne peut pas les éviter, se gardant bien de toucher à des intérêts d'État qui veulent être traités avec d'extrêmes ménagements. De graves embarras n'ont souvent été écartés que grâce à cette politique de famille, et à une grande longanimité qui se borne à de sages conseils bien plutôt qu'à faire prévaloir des principes souvent trop absolus.