POSITION RESPECTIVE DES ÉTATS
n'attirait aucune sympathie; né d'hier, il n'avait point de racine dans le sol et n'éveillait d'autre idée que celle de restriction et de subalternité.
C'est au milieu du conflit de ces idées divergentes que s'ouvrit la Convention. On a vu que onze États sur treize y avaient envoyé des délégués. Plus tard le New-Hampshire, l'un des retardataires, fit de même. Le nombre des délégués pouvait s'élever à cinquante présents (1). Le Rhodelsland seul, où fermentaient les plus détestables passions, ne voulut prendre part à aucun des travaux de cette assemblée. Son isolement dans ces circonstances graves lui inflige une triste page dans les annales de l'Amérique.
Tous les États se présentaient sur un pied d'égalité complet sans distinction d'aucune espèce entre eux, d'après les termes mêmes des articles de Confédération, en sorte que chacun d'eux, grand ou petit, eût droit à un même vote (une seule voix) dans toutes les délibérations. Dès l'abord, Ton tomba d'accord d'un règlement destiné à ordonner la marche des travaux de l'assemblée et à garantir à tous une pleine liberté d'opinions. Il suffira de signaler quelques-uns des articles de ce règlement pour en faire apprécier la sagesse.
1° La présence des députés de sept États au moins sera nécessaire pour la validité des délibérations. 2° Aucun membre ne s'absentera de l'assemblée, de manière à ne point causer d'interruption dans la marche des travaux, à moins d'une permission spéciale. 3° Les comités ne siégeront point pendant le temps consacré aux séances de l'assemblée. 4° 11 suffira de la simple majorité des États présents pour statuer sur toutes les questions. 5° Aucune copie ne sera prise du contenu du journal de la Convention, pendant ses séances, sans une permission. Personne autre que les députés ne sera admis à en prendre connaissance. 6° Les débats de la Convention ne seront ni imprimés ni publiés d'aucune manière et ne seront l'objet
(1) HlLDRETH, VOl. III, p. 482.
d'une communication quelconque sans une permission. 7° Tout sujet consacré par un vole pris à la majorité pourra être mis de nouveau en délibération sur motion*
spéciale (1).
Ces derniers articles surtout avaient une importance particulière. En effet, si l'animation des discussions sur certainsujets se fût communiquée au dehors, c'en était fait du repos du pays, et peut-être de ses destinées, « car, ainn le disait Washington, il y avait alors bien des matière inflammables répandues partout, qui n'attendaient qu'une étincelle ». D'autre part, le sujet qu'on abordait était nouveau et présentait des aspects multiples. Les membres c l cette assemblée avaient besoin d'une grande liberté pour se soutenir dans ces régions inconnues. Tout devait se coordonner dans une œuvre de ce caractère et, jusqu'à ce que l'ensemble fût complet, certaines résolutions prises d'abord pouvaient exiger, après coup, un remaniement, un rejet que des considérations nouvelles conseilleraient. 11 ne fallait point que le peuple fût dans la confidence de ces revirements, afin de permettre aux délégués d'échapper au reproche de versatilité et d'inconsistance, lorsque, au contraire, on ne devait y voir que le résultat d'une pW grande maturité d'examen. Aujourd'hui que le secr ' ces grave délibérations est levé, et que l'on peut assister par la pensée à tous les tâtonnements, à toutes les fluctuations d'idées de ces hommes consciencieux, sans cesse à la recherche des meilleurs moyens de conciliation acceptables par tous, il n'y a qu'à applaudir aux préliminaires de ce grand conseil national, destinés à protéger la complète indépendance de ses membres etqui rendirent praticable une ,■- 3e jusque-là comme très conjecturale.
^ation des intérêts et des prétentions en pré-'| surgir divers problèmes qui réclamaient une F. ..pte solution et qu'on peut résumer ainsi très som-'j mairement:
(1) Madison, Papers published by Henry D. Gilpin. Washington, 1840 J vol. II, p. 728.