RÉMUNÉRATION DES MEMBRES DU CONGRÈS
Celte rémunération fut d'abord de six, puis de huit dollars par journée employée par chaque membre du Congrès au service public, indépendamment d'une indemnité de voyage de son domicile au siège du gouvernement, et retour (1). Cette exacte proportion enire la compensation et le service effectif répondait à une tradition d'économie pratiquée dans les colonies et à l'état de détresse des finances du pays. En 1816, on substitua à une prestation journalière qui paraissait peu digne, une somme annuelle fixe de 1,500 dollars, sans avoir égard à la durée de la session. Ce chiffre fut graduellement augmenté, non cependant sans heurter l'esprit public (2). Cependant, avec la marche du temps, les mœurs se façonnèrent à cette transformation et à cette augmentation de charges, et le Congrès réussit à fixer d'une manière durable la rétribution de ses membres à 5,000 dollars par an. Là ne devaient point encore s'arrêter les prétentions du Congrès. Il voulut davantage, et, en 1873, sur le motif du renchérissement des denrées, cette rémunération fut portée à 7,500 doll. par an (acte du 3 mars); mais cette fois, l'opinion publique s'éleva contre cetle surélévation de moitié qui ne parut point justifiée par les circonstances. Il fallut, quelques mois après, faire acle de repentir, en ramenant les choses dans leurs limites antérieures, pour dissiper les doutes élevés sur le désintéressement des législateurs (acte du 20 janvier 1874) (3). La loi de 1873 avait aussi doublé les émoluments du Président des États-Unis, particularité qui donnait à l'ensemble de ces résolutions la couleur d'un marché, aux dépens du pays. Toutefois la loi de 1874 ne révoqua point les avantages acquis à la présidence, parles considérations que nous exposerons au titre du pouvoir exécutif.
Le cumul d'une fonction publique du gouvernement des Etats-Unis avec la mission de représentant ou de sénateur était considéré généralement comme une cause de corruption qu'il fallait écarter absolument. De là cette disposition
(1) Hildrkth, vol. IV, p. 125 et 126. — (2) Le même, vol. VI, p. 593. — (3; Von- The Reoised Statutes of the U. S., sect. 35.