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RÉMUNÉRATION DU PRÉSIDENT

SECTION X Rémunération du Président.

On agita la question de la rémunération du Président. Benjamin Franklin proposa à la Convention de rendre cette fonction essentiellement gratuite, comme il en avait fait vainement la proposition pour les membres du Sénat. Il croyait que l'honneur de servir son pays est un mobile suffisant pour rechercher ce poste élevé, et il ne doutait pas qu'il ne se trouvât bon nombre d'hommes empressés à justifier celte bonne opinion de l'humanité. 11 ne se dissimulait pas néanmoins que son sentiment était peu partagé, mais il se devait à lui-même de faire cette motion pour accomplir un devoir de conscience, dùt-il être seul à avoir foi dans le désintéressement de ses concitoyens (1). Entrer dans les idées de ce grand philanthrope, n'était-ce pas fouler aux pieds les leçons de l'expérience? Le désintéressement est partout l'apanage du petit nombre, et le peuple manquera toujours des moyens propres à le découvrir. Sans même incriminer outre mesure la nature humaine, ne peut-on pas admettre que les qualités de l'homme d'Etat se trouveront quelquefois réunies chez un citoyen que l'in suffisance de ses ressources rendrait inhabile à se dévouer au service du pays s'il ne pouvait compter sur une légitime rémunération? La gratitude, dans ce cas, seraitelle bien en harmonie avec le principe démocratique? La motion de Franklin fut écartée, et l'on décida que les émoluments du Président, fixés à l'avance par le Congrès, ne pourraient être ensuite ni diminués, ni augmentés pendant l'exercice de ses fonctions, et qu'il ne recevrait aucune autre rémunération, à un titre quelconque, soit des États- Unis, soit de l'un d'eux (Art. Il, § 6 de la Constitution). On voulut ainsi soustraire ce haut fonctionnaire à la

(1) Madison, p. 774-775.

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