LIGNES PRINCIPALES DU GOUVERNEMENT
leur mise à exécution et de ceux des législatures d'Etat, avant qu'ils aient été soumis à l'épreuve du veto. Des règles seraient tracées pour l'admission de nouveaux États dans l'Union, au fur et à mesure qu'ils se formeraient sur le territoire des Etats-Unis. L'organisation nouvelle aurait pour base le principe républicain. Du reste, rien de déterminé, si ce n'est d'une manière vague et indécise sur la séparation des pouvoirs et les limites de leur autorité respective, pas plus que sur la ligne de démarcation de l'autorité du gouvernement de l'Union au regard des États.
Presque en même temps, Ch. Pinckney, de la Caroline du Sud, présentait un autre projet modifiant à divers égards celui de Randolph, et dessinant davantage encore le démantèlement de l'autorité des États ainsi que la suprématie du nouvel établissement.
Ces deux projets réalisaient un progrès réel, en remplaçant un corps politique impuissant par un gouvernement complet, pourvu de tous ses organes nécessaires, et investi d'une autorité directe, non plus sur des États, mais sur les citoyens de ces États, concourant par diverses voies au fonctionnement des institutions. Toutefois les auteurs de ces projets soulevaient des problèmes d'une extrême gravité, pour la solution desquels ce n'était pas trop des lumières et du patriotisme de tous. On allait parcourir en elfet un vaste champ d'investigation jusque-là inexploré, où de sérieux intérêts collectifs se trouveraient aux prises avec les vrais principes de droit public. Le moment était solennel; car il s'agissait de décider des destinées de l'Amérique et de l'avenir du système républicain. Tous paraissaient bien convaincus de la grandeur de leur tâche et de l'immense responsabilité qui pesait sur eux. On se mit donc à l'œuvre avec le point de départ des projets de Randolph et de Pinckney.