‹ La râepublique amâericaine Etats-UnisChapitre 53 sur 205 · DES AMENDEMENTS A LA CONSTITUTION · texte numérisé non relu

DES AMENDEMENTS A LA CONSTITUTION

La Constitution des États-Unis présente une physionomie toute particulière. Elle cherche à introduire l'unité dans la diversité et à concilier une variété d'intérêts qui semblaient devoir s'exclure. Les constitutions des peuples anciens et modernes n'offraient à la Convention aucun modèle propre à l'éclairer dans son œuvre complexe ; elle devait craindre de s'égarer dans la combinaison des principes avec les intérêts et les passions en jeu. Aussi jugea-telle que la porte devait rester ouverte aux modifications et aux améliorations que réclamerait le vœu des populations. Elle savait d'ailleurs, dit un auteur américain, que le vice inhérent aux républiques est un tempérament sans cesse agité et un esprit de mécontentement s'attachant au moindre mal (1). Elle n'ignorait pas non plus les fâcheuses influences exercées dans les confédérations par l'orgueil et la jalousie des Etats. Il fallait désarmer ces éléments destructeurs. Le moyen jugé le plus efficace était d'autoriser des amendements à la Constitution, amendements qu'on pouvait considérer comme des soupapes de sûreté par où s'évaporeraient les effervescences et toutes les excitations désordonnées. Mais ce remède lui-même devait être environné de moyens de protection pour ne pas devenir à son tour une cause de désorganisation; car, trop souvent mis en œuvre et surtout trop aisément, les amendements ruineraient bienlôt l'édifice de la Constitution. La Convention pensa avoir atteint le double but qu'elle se proposait par

(1) Story, § 4828.

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