DU POUVOIR LÉGISLATIF
vention avaient été élus par districts, cette assemblée ne renfermerait sans doute pas les hommes d'élite qu'on y remarquait (1). Mais ces diverses considérations trouvèrent d'habiles et fermes contradicteurs dans Madison et Wilson. Ces hommes d'État firent ressortir, avec une grande vigueur de raisonnement, qu'aucun gouvernement ne pouvait s'établir dans de bonnes conditions de durée, qu'autant qu'il jouirait de la faveur populaire, et que le seul moyen d'y réussir était de donner au peuple, c'est-à-dire aux électeurs, le choix des membres des deux chambres, ou tout au moins de ceux de la première. Wilson, dans un langage imagé, disait que « pour ériger une colonne d'une grande hauteur, il fallait en élargir la base autant que possible ». D'un autre côté, transférer aux législatures le droit d'élection équivaudrait à étendre l'influence des États sur le gouvernement général, tandis qu'il s'agissait de la restreindre (2). Mais si ce raisonnement s'appliquait avec justesse à la constitution de la première chambre, pouvait-on soutenir qu'il en dût être ainsi pour le Sénat? Le moment n'était pas encore venu de donner une solution à ces graves questions. Nous nous bornerons, quant à présent, à n'envisager que la formation de la première chambre, malgré sa connexité avec la deuxième ou Sénat, parce que, finalement, les considérations qui prévalurent pour celle-ci ne changèrent rien à l'organisation de celle-là.
(1) Madison, Papers, vol.' II, p. 926 et 1255. — (2) Le même, p. 755.