II
actes qui leur déplaisent, ils présentent un séjour toujours à redouter pour les immigrants de race différente de la leur. C'est ainsi que, un an après l'acte de 1884, des Chinois résidant dans le territoire de Wyoming ont été l'objet d'actes de violence exercés sur eux et sur leurs propriétés parles habitants; quelques mois après, les mômes désordres avaient lieu dans le territoire de Washington. 11 y eut des résistances, et dans le conflit, on compta des morts et des blessés. Le gouverneur dut prévenir le gouvernement des Etats-Unis de l'insuffisance de ses troupes pour maintenir l'ordre, et il l'adjura d'envoyer de suite des forces suffisantes pour rétablir la tranquillité. Du reste, le Congrès comprit qu'il y avait violation des traités de la part des populations des deux territoires, et sur les représentations de la Chine concernant les dommages causés aux Chinois de Wyoming par la violence des hahitants, il a cherché, par un acte du 24 février 1887, à réparer le dommage causé en y consacrant une somme de 147,748 dollars 74 c. Ce chiffre élevé indique suffisamment la gravité du désordre auquel les gens du Wyoming s'étaient livrés, au mépris des traités et des lois (1).
La haine contre l'ouvrier chinois n'était pas encore épuisée. On tint à y donner plus de précision, en resserrant le frein qui lui était imposé. Jusque-là, il lui était permis de quitter les États-Unis et d'y rentrer. Cette faculté lui a été retirée par un acte du Congrès du 15 septembre 1888 (2), avec cette modification cependant qu'il serait autorisé à y revenir, s'il y avait une femme légitime, ou un enfant ou un parent, ou s'il y possédait une propriété valant 1000 d. ou des créances de même importance. Quant au mariage, la loi veut qu'il ait précédé d'un an la demande d'admission, et que mari et femme aient continué de vivre comme tels. Les autres dispositions sont relatives à des prescriptions ou des procédures inutiles à rapporter ici.
Telle est la condition actuelle des Chinois aux Etats-
(1) 49° Gong., sess lre, ch. ccliii, p. 418.— (2) 50° Congrès, sess. lre, ch. mxv, 1888, p. 476.
Unis; elle est très limitative; c'est une porte presque entièrement fermée à cette race, qui n'en pourra exiger l'ouverture que lorsque les rapports des États-Unis avec la Chine auront pris un immense développement qui rendra plus familières les relations des deux races.