‹ La rafale. Samson. Illus. d'apres les dessins de ReneferChapitre 71 sur 76 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, JACQUES BRACHART

A la vue de Jacques, Françoise et Honoré restent sur place.

Jacques. — Bonsoir, madame.

Il s'approche de Françoise et lui baise la main.

TRANÇoisE, le j)lus sèchement du monde. — Bonsoir.

jacques. — Bonsoir, Anne-Marie.

Baisemain.

anne-marie, naturellement. — Bonsoir.

Jacques, tendent sa dextre à Honoré. — Bonsoir.

honoré, arce une infinie dignité. — Bonsoir.

jacques. — ■ Bonsoir, Max.

Petit salut du bout des doigts.

max. comme s' d sortait brusquement d'un long sommeil. — Bonsoir, vieux!

jacques. — Je vois que la famille est réu nie...

FRANÇOISE. - Monsieur...

jacques ("est moi ?

fkan(oisu. — Oui, monsieur. Voulez-vous

me permettre de vous poser une question ?

Jacques. — Mais toutes les questions qu'il vous plaira, madame.

Françoise. — Monsieur, différentes personnes prétendent que vous avez perdu, dans la séance d'hier, tout ce que vous possédiez. Que faut-il penser de cette information ?

Jacques. — Vous pouvez, dès à présent, la considérer comme exacte.

Françoise. — A merveille. On nous a également donné avis de votre arrestation probable. Cette nouvelle est vraie aussi?

Jacques. — Elle est fausse.

Françoise. — Vous en êtes certain?

jacques. — Certain. Je ne serai pas inquiété. J'en ai reçu l'assurance de la bouche du ministre. Je le quitte. Je ne serai pas inquiété à la condition de faire face à mes engagements. Comme j'en ai, par bonheur, le moyen, je ne coure aucun danger.

Françoise. — Parfait, parfait!... Je vous remercie de votre obligeance. A mon tour, de vous mettre au courant. Monsieur, comme vous arriviez, nous supliions Anne- Marie de vous quitter sur l'heure, de revenir sous notre tpit, d'obtenir, coûte que coûte, le divorce. (Jacques s'incline légèrement.) Je ne me gêne pas pour vous le répéter... Vous êtes un personnage à qui l'on ne doit ni égards, ni douceur. Vous avez lon-

guement, savamment préparé un acte... un acte de piraterie...

max. — Oh! maman... Gentille, gentille!...

Françoise. — Maximilien, fichez-moi la paix! S'il ne salissait que vous, le mal serait petit! Mais vous ne craignez pas de...

jacques. — Madame, souffrez que je vous interrompe... Si!... Votre position est excellente et vous la gâtez par d'inutiles violences.

Françoise. — Monsieur...

jacques. — Nous avons fait une affaire, vous et moi...

Françoise, hautaine. — Quelle affaire, je vous prie ?

jacques. — Une affaire qui, par la faute de votre associé, tourne très mal. Je vous approuve sincèrement d'espacer ce maladroit...

Françoise. — Oh! vos ironies... (Un pas vers la porte.) Honoré!...

jacques. — Je n'y mets pas l'ombre d'ironie. Je me suis vu plus d'une fois dans votre cas, et j'ai débarqué impitoyablement les partenaires peu chanceux. Je ne mérite donc pas d'indulgence et, d'ailleurs, je n'en attends aucune. Mais à quoi bon la mauvaise humeur? A quoi bon?... En affaires, on se lâche, on ne se fâche jamais.

Françoise. — Vous avez fini ?

FRANÇOISE. — Oh! vos ironies..

jacques. — Oui, madame.

Françoise. — J'en suis fort aise. (A Anne- Marie.) Mon enfant, médite mon conseil. Si tu l'acceptes, tu trouveras auprès de nous asile et appui. Si tu le négliges, adieu!... Je te renie. Je ne regarderai plus comme ma tille la femme de... Tu as compris?... Honoré!

honoré, martial. — Je suis là. (Crânement, il suit sa femme. Parvenu au seuil, il se retourne et prononce:) J'en suis navré pour vous, Brachart. Mais je m'aperçois que nous ne parlons pas la même langue. Bonjour!

jacques. — Au revoir, monsieur d'Andeline.

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