‹ La Rage En Pathologie ExotiqueChapitre 9 sur 20 · EN EGYPTE ET AU SOUDAN ANGLO- EGYPTIEN, EN ERYTHREE, EN SOMALIE · texte numérisé non relu

EN EGYPTE ET AU SOUDAN ANGLO- EGYPTIEN, EN ERYTHREE, EN SOMALIE

Comme en Afrique du Nord, la maladie existe en Egypte de temps immémorial. Pour de VRÉGILLE (1917) elle a une recrudescence en mars et en juillet ; la première correspond à la période du rut ; la seconde à la haute température. Comme dans nombre de pays tropicaux, les carnivores sauvages jouent un rôle important dans la propagation de la maladie : en 1917, sur 5.393 animaux mordeurs, il y a eu 4.944 chiens, 268 chats et 181 chacals.

Au Soudan anglo-égyptien la maladie est fréquente sur le chien indigène. On a, comme en Afrique Occidentale, émis fréquemment l’opinion que la maladie était différente de la rage classique. BENNETT (1929) attire l’attention sur une caractéristique que les partisans de la dualité attribuent au virus non transmissible à l’homme : le fait qu’il ne se « fixe » pas par passages. Or l’auteur a pu isoler une souche rabique indigène du Soudan égyptien qui avait tue chien, veau, âne, chameau et homme, qu’il ne put pas fixer et qui

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tuait le lapin dans des délais irréguliers. Cela se rapproche des souches non mutables de rage classique qui, comme nous l’avons vu, ne sont pas spéciales à l'Afrique tropicale. On ne semble donc pas, au Soudan anglo-égyptien non plus, pouvoir parler de rage spéciale.

En Egypte, d’après KHoury (1929), la rage ordinairement observée ne diffère pas de celle d'Europe. Elle s’observe surtout sur le littoral et les villes fréquentées par les Européens. Dans l’intérieur, les indigènes ne semblent pas s’en soucier ; cela pourrait s'expliquer par le fait que la rage type européen ne se rencontre pas dans l’hinterland. Mais la rage égyptienne peut faire l’objet de confusions: CARPANO (1929) en effet a observé, au cours de l’année 1929, une affection ressemblant beaucoup à la rage, avec laquelle elle est confondue par les vétérinaires égyptiens en raison de la similitude de divers symptômes : anorexie, spasme du pharynx, photophobie, paralysies. Comme la rage, elle est due à un virus filtrant et peut être transmise en série au lapin et au cobaye. Mais les caractères suivants permettent la distinction : 1° les malades n’ont pas tendance à mordre ; 2° il n’y ‘a pas de paralysie du maxillaire inférieur ; 3° il n’y a pas de corps de Négri ; 4° la maladie peut être transmise par le sang. La bile, l'urine, le jetage, la substance nerveuse sont aussi virulents ; 5° on ne connaît pas de cas de transmission à l’homme. CaR- PANO pense que la maladie est analogue à la pseudorage trouvée en Autriche-Hongrie par AUJESKY en 1902, et au Brésil par CariNt en 1912. II la compare aussi à la prétendue rage de l'A. O. F. peu transmissible à l’homme et qui fut trouvée également en Asie Mineure par TeHIHATCHEFF ; il conseille, quand on doit assurer le diagnostic de rage dans les régions où sévit cette affection, de rechercher les corps de Négri

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et d’inoculer un cobaye avec du sang. Mais il est bon de remarquer que les corps de Négri n’existent pas forcément, surtout dans les rages à symptômes différents de la rage classique. D’autre part si la pseudorage d'AUJESKY est la même affection que CARINI a décrite dès 1908, il ne faut pas oublier que depuis, ce dernier (1911 et 1931) a observé en Amérique du Sud une rage indéniable que ses caractères spéciaux pouvaient faire passer pour de la pseudo-rage. Quant à la comparaison avec la rage non transmissible à l’homme en Afrique tropicale française, elle est bien difficile, cette dernière affection étant, nous l’avons vu, hypothétique.

En Erythrée et en Somalie, la maladie est relativement rare, sans doute parce qu’elle est souvent ignorée. CI0TOLA et ALONGI (1927), étudiant une enzootie survenue en Erythrée, estiment que le virus connu en Afrique Orientale est généralement atténué mais que dans certains cas la virulence s’exalte et qu’il n’a alors plus de différence avec le virus européen.

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