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ce fait qu'il suffit d’inoculer dans le cerveau d’un mammifère une infime partie de moelle, de bulbe ou du cerveau de sujets atteints de rage pour reproduire à coup sûr la maladie. Cette donnée a une très grande importance au point de vue de la-pathogénie, car nous verrons que la localisation du virus rabique dans tel ou tel point du système nerveux peut expliquer la plupart des symptômes qu'on observe dans le cours de la maladie.
Nerfs. — Les nerfs présentent également un caractère de virulence assez fréquent ; leur inoculation pour transmettre expérimentalement la rage remonte à une époque déjà éloignée. Rossi avait obtenu un résultat positif avec le nerf crural d’un chat enragé. Le pneumogastrique s’était montré virulent dans les expériences de Pasteur, expériences confirmées par celles de Roux qui a vu les nerfs renfermer le virus rabique aussi bien du côté de la morsure que du côté sain. Méthode infidèle cependant, car il est démontré aujourd’hui que les nerfs sont moins une localisation qu’une voie suivie par le virus pour arriver au système nerveux central. Aussi leur inoculation donne-t-elle des résultats incertains. Il faut en injecter de grandes quantités, la durée d’incuba- Lion est toujours longue, le résultat souvent négaiif, le nerf contenant trop peu de virus ou même n’en contenant plus. \ RE
Sang. — Mêmes résultats inconstants avec l’inoculation du sang. Gohier, Lafosse, Hertwig ont pu communiquer la rage à des animaux en leurinjectant
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du sérum sanguin. Magendie, Breschet, Renault, Galtier, Pasteur ont échoué. Mais A. Marie a montré que le sang des animaux rabiques peut, contrairement à ce qu’on enseigne, se montrer virulent. Au milieu de nombreux essais infructueux, il a pu recueillir les trois observations suivantes :
OBSERVATION I. — A un lapin inoculé sous la peau avec 8 centimètres cubes d'’émulsion décimale de virus fixe, on prend un peu de sang dans la veine de l'oreille le lendemain de cette injection, trois jours et dix jours plus tard et chacun des trois échantillons de sérum ainsi recueilli est inoculé dans le cerveau de trois cobayes. Les deux premiers ne présentent que des accidents légers et immédiats sans rapport avec la rage, mais le troisième qui avait reçu 25 centimètres cubes de sérum de la saignée du sixième jour présente, douze jours après la trépanation, des signes non douteux de paralysie rabique à laquelle il succombe
au bout de deux jours de maladie,
Os. H. — Un lapin meurt de rage paralytique après avoir reçu dans le cerveau 1 centimètre cube de sérum d’un
autre aminal atteint de paralysie rabique.
Os. III. — Une souris meurt paralysée, seize jours après avoir reçu sous la peau d’une patte 3 centimètres cubes de
sang défibriné retiré à un cobaye paralysé.
Chair. — Fernel, Schenkins, Lanzoni, Alfoldi ont rapporté des cas de rage survenus chez des per-
sonnes ayant mangé de la chair d'animaux enragés.
Boërhaave et Van Swieten croyaient à la possibilité de ce mode de contagion. Gohier, dans ses mémoires, relate deux cas où il obtint la rage chez des chiens à qui il avait fait donner de la viande d'animaux enragés.
Par contre, Lafosse et Renault eurent des échecs en employant ce procédé. Castelli (lettre de Castelli à la Société royale de Médecine, 1777) rapporte qu’en 1:76 on vendit à Médole, dans le duché de Mantoue, la chair d’un bœuf qui, après morsure par un chien enragé, avait éprouvé tous les symptômes de la rage confirmée. Aucun habitant ne fut malade.
Enfin Decroix absorba impunément un morceau de chair détaché du corps d’un chien enragé et qu'il avait trempé dans la bave. à :
. Cependant, il est probable que ce mode . contagion existe et que les cas restés négatifs sont dus à la trop faible quantité de virus ingéré ou plutôt à l’intégrilé parfaite de la muqueuse du tube digestif.
Lait. — Très variables sont les résultats des expériences faites pour démontrer la virulence du lait. Celli, de Blasi, Zagari répondent par la négative. . Mais Perroncito et Carita, Bardach ont montré la présence du virus rabique dans le lait. Les observations de Bardach à ce sujet sont concluantes. Une femme mordue par un loup enragé arrive à l'Institut bactériologique d'Odessa avec tous les symptômes de la rage confirmée. Elle ailaitait un enfant de six mois qu’on lui retira. Son lait puisé avec toutes les
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précautions voulues fut inoculé par trépanation et injection sous la dure-mère de deux lapins qui moururent de rage confirmée par inoculation de leur “bulbe à d’autres lapins.
Au laboratoire de Pasteur, on a donné aussi la rage à un lapin en l’inoculant par trépanation avec un peu de lait dans lequel on avait broyé du tissu des glandes mammaires. Par contre un autre lapin inoculé avec du lait pur n’a présenté aucun symptôme.
Le virus rabique semble donc passer dans le lait des femelles enragées. Quand il y passe, il doit s’y trouver vraiment en trop petite quantité pour donner la rage, à moins de circonstances exceptionnelles, d’où lesnombreux échecs auxquels expose son inoculation.
Passage de la mère au fœtus. —Le virus rabique passe-t-il à travers le placenta ? Non, dit Repetto, conformément aux dires de Pasteur, Celli, de Blasi et Zagari. Les nombreux essais tentés au laboratoire Pasteur sont restés sans résultats.
D'un autre côté, Perroncito et Carita répondent par laffirmative. Ils inoculent, par trépanation, une lapine pleine sur la fin de sa gestation. Quelques jours après, la lapine est inquiète, puis abattue, se trainant dans sa cage, cherchant à cacher son museau. On découvre dans l’'auge des aliments la tête d’un petit fœtus dont le reste a été mangé. Quelques heures après, elle mit bas un second fœtus vivant puis un troisième et un quatrième qu'on trouva morts. Le survivant meurt bientôt à ton tour. La
mère commence presque aussitôt à manifester les symptômes de la rage paralytique. On inocule la moelle de deux fœtus à deux cobayes en injectant à chacun d’eux la moelle entière du fœtus.
Des deux cobayes, l’un meurt de la rage, l’autre reste bien portant. |
Loir inocule une lapine qui présente les symptômes de la rage huit jours après. Ce même jour, elle met bas un petit bien vivant qui meurt quatre heures après sa naissance. Avec le bulbe de ce petit, on inocule ün lapin qui prend la rage. Avec l'extrémité inférieure de la moelle du même petit, on inocule un autre lapin qui contracte également la maladie.
Ainsi, non seulement la maladie est transmissible de la mère au fœtus, mais encore elle peut ne pas atteindre tous les fœtus de la même portée. Perroncito, Straus, Chamberland ont montré qu’il en était de même pour le charbon.
Il est possible en outre que cette transmission s'accompagne d’une atténuation du virus comme est disposé à l’admettre Konradi.
D’autres sécrétions ont été trouvées virulentes. Le mucus bronchique, les glandes lacrymales, les capsules surrénales (Bombici) également.
Pace a trouvé le virus rabique dans la cicatrice d’une plaie cutanée chez un enfant mort de la rage. Cet auteur a voulu voir un rapport entre la virulence d’une cicatrice et les phénomènes dysesthé-