Wuttke, cp. cit., p
5. Rolland, op. cit., t. IV, p. 75; et Gregor., op. cit., p.t27. G. Galien, Œuvres, éd. Kühn, t. XIV, p. 168.
LA RAGE DANS L'ANTIQUITÉ CLASSIQUE
la recette et l’usage s’en sont conservés dans la pratique médicalepresquc jusqu’à notre temps, comme on peut voirpar le curieux livre d’Andry, si récentparla date (1780), si arriéré par l’esprit. La médecine est en effet une série de tâtonnements et d’essais sur les propriétés des substances naturelles : à cet égard même, il est difficile de faire le départ entre le remède superstitieux et le remède naturel. Nous nous bornons ici aux remèdes de la rage qui n’ont pas, pour nous du moins, leur explication et leur raison d’être dans des propriétés naturelles, mais bien dans une influence mystérieuse (on dit aujourd’hui superstitieuse), ou dans l’intervention d’une puissance surnaturelle. Mais ce qui est la superstition d’une époque est la science d’une époque antérieure. Les « cures sympathiques » sont simplement l’application de principes philosophiques, — principes à priori, principes métaphysiques — qui étaient la « science » des anciennes générations, aussi indiscutable pour elles que le sont pour nous aujourd’hui les principes de la chimie et de la physique.
Achevons rapidement notre revue de la thérapeutique superstitieuse de la rage dans l’antiquité. Pline va nous montrer comme elle se mêle aux recettes qui pourraient avoir leur valeur par les propriétés des substances employées. Pline vient de parler du ver delà rage que les chiens portent à la langue.
Ce même ver porté trois fois autour du feu se donne aux individus mordus par un chien enragé, pour prévenir la rage : on la prévient encore avec la cervelle du coq; mais cette substance, prise à l’intérieur, ne garantit que pour l’année courante. On dit que la crête de coq broyée, ou la graisse d’oie avec du miel, est un topique efficace. On sale la chair des chiens enragés et on la fait manger contre la rage. Bien plus, on noie immédiatement dans 1 eau de petits chiens du sexe de l’animal qui a mordu, et l’on en fait manger par l'individu mordu le foie cru. La fiente de coq, pourvu qu’elle soit rousse, est utile ; on l’applique avec du vinaigre, ainsi que la cendre de la queue de musaraigne, pourvu qu’on