CHAPITRE TROISIÈME
les faire bénir. Un prêtre, le goupillon à la main, se tenait sur le seuil, et, d'un air doux, aspergeait toutes ces bêtes innocentes \ »
Nous nous bornons à cet exemple, parce qu’il y aurait trop à dire sur les saints patrons d’animaux. M. l’abbé Bertrand nous donne l’explication tbéologiquc de ces pratiques : « Nous ferons observer que ce n’est pas abuser de la prière que de demander à Dieu de préserver les animaux de la rage, afin d’éloigner aussi ce fléau des hommes. Il n’est pas indigne de Dieu de créer des animaux et de les conserver pour le service des hommes : pourquoi serait-il indigne de lui de les conserver en les guérissant, et de lui attribuer ces guérisons et ces préservations merveilleuses? Et si Dieu ne trouve pas indigne de sa majesté de bénir lui-même les animaux, aperis tu manum tuam et impies omne animal beneclictione (Ps. CXLIV) ; pourquoi ne pouvons-nous pas bénir en son nom les aliments que nous leur donnons, aussi bien que ceux que nous prenons* ? »
On pourrait sans doute citer bien des exemples de messes de Saint-Hubert, dites pour préserver les animaux de la rage. Deux suffisent à établir la popularité de l’usage : « A Altroff (dans une partie de la Lorraine aujourd'hui annexée à l’Allemagne), le jour de Saint Hubert, fête de la paroisse, les habitants font bénir l’avoine dont ils donnent à manger à leurs bestiaux pour les préserver de la rage. Des personnes des villages voisins viennent y faire bénir du pain qu’elles ont soin de distribuer à tous les membres de la famille1 2 3 4. » — « En Bretagne, le jour de la Saint-Hubert, après la messe, le prêtre bénissait le pain des veneurs, qui devait pendant l’année préserver le chenil du fléau de la rage \ »
1. Lettres d’Italie du journal le Temps , n° du 29 octobre 1877.