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CHAPITRE QUATRIÈME

Quelques années plus tard, un médecin italien, Joseph d’Aromatarii, exprima une opinion analogue l.

L'instrument de la cautérisation est le plus souvent une clef, et comme saint Pierre est par excellence le saint à la clef, ce sont des clefs de saint Pierre que nous trouverons en maint endroit et, en plusieurs même , la tradition les met en rapport avec les clefs originaires de Rome, dont il a été question plus haut.

Le petit village de Saint-Pé (c’est-à-dire de Saint-Pierre), dans les Hautes-Pyrénées, contient une clef en fer forgé, autrefois vénérée dans l’église abbatiale des Bénédictins de Saint-Pé-de-Générès et, suivant la tradition, forgée avec un des anneaux de la chaîne de saint Pierre. On prétend même qu'elle aurait été apportée de Rome : elle est d’un travail grossier. « Cette clef possédait autrefois de grandes vertus curatives, reconnues par toutes les populations de la plaine et de la montagne, à trente lieues au moins autour de l’abbaye. De nos jours, la ferveur des pèlerins est bien moindre ; cependant, le jour de la fête patronale, la clef est portée processionnellement par les rues de la ville, et elle reste exposée pendant plusieurs jours à la vénération

Dononi, vel Sacello Divi Bellini sanetur? » — Il sera question plus loin de l’église de Saint-Bellin : nous ignorons ce que peut être le « Templum Divo Dononi » signalé ici. C’est sans doute une faute d’impression, car dans le Traité de la canonisation des saints par le pape Benoît XIV (Pr. de Lambertinis), il est appelé « Templum Divi Domnini » (Ed. de Bologne, 1738, t. IV, p. 171). — Peut-être est-ce Borgo San Donnino (ainsi nommé de saint Domnin), entre Plaisance et Parme.

1. Aromatarius, Disputatio de rabie contagiosa, Venetiæ, 1625. p. 85. Quæ dico, quamvis naturalia sint , causamque manifestam habeant, eo evadunt meliora, quo Christianæ pietati sunt proximiora. — D’Aromatarii dit cela à propos de la cautérisation avec les clefs de Saint-Bellin, et des bains de mer près d’une église de Saint-Hubert en France que nous n’avons pas retrouvée : « sic etiam in Gallia apud D. Huberti Templum juxta mare positum, commorsi mare ingrediuntur et in ipso ambulant. »

LA CAUTÉRISATION SACRÉE

des fidèles. Les Béarnais sont plus dévots à cette relique que leurs voisins du Bigorre ‘. »

C’est de l’hydrophobie que cette clef guérissait hommes et animaux, et un grand tableau offert en ex-voto à la fin du xvn0 siècle est encore suspendu dans l’église. Le tableau est d’un peintre de Toulouse, F. Fayet. Les personnages sont de grandeur naturelle. Dans la scène principale, Jésus-Christ remet à saint Pierre la clef du Paradis ; dans une autre, sur la droite et dans une demi-teinte, un moine bénédictin, revêtu d'une étole rouge, présente la clef au marquis d’Angone et à sa femme ; près d’eux sont agenouillés les deux fils du marquis, qui avaient été guéris par l’emploi de la clef ; le chien do la maison, qui fut sauvé avec eux, figure aussi près d’eux. On ne nous dit pas ici le mode employé pour l’apposition de la clef.

Dans deux communes du diocèse de Montauban, à La Chapelle et à Esparsac, deux clefs de saint Pierre ont été signalées. A La Chapelle, la clef a dispuru. D’après la tradition, on en touchait le front des personnes mordues, et pendant ce temps elles priaient ou l’on priait pour elles. Pour les animaux, on la leur mettait sur la tête et on récitait des prières en l’honneur de saint Pierre. C’est dans les pillages de la Révolution Française que la clef a disparu, mais le souvenir en est resté dans le pays, car le curé de La Chapelle, en donnant ces détails à Mgr Barbier de Montault, ajoutait : « Depuis que je suis à La Chapelle, deux jeunes gens sont venus me demander à toucher la clef mystérieuse, mais inutilement, car nous ne l’avons plus 1 2. »

A Esparsac, les clefs de saint Pierre sont conservées, car il y en a deux, l une pour les hommes, l’autre pour les animaux. L’opération est différente aussi dans les deux cas :

1. A. Dauvergne, dans la Revue des sociétés savantes, 3° sér., t. I, (1863), p. 170-172.

2. Bull. arch. ethist. de la Soc. Archéol. de Tarn-et-Garonne, t. VI, p. 55.

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