G. — LA MER ET LA RAGE
Bien que nous nous abstenions de donner ici les remèdes de l’antiquité qui présentent un substratum discutable mais d’ordre rationel, nous ferons exception pour deux d entre eux. Le premier se rencontre dans une anecdote ou 1 on voit différents traitements en présence. Sur la côte de Crèle, à Methymna, des enfants viennent d’être mordus par un chien. Que faire? Parmi les spectateurs, les avis sont partagés. Les uns veulent faire manger aux enfants le foie du chien qui les a mordus ; les autres veulent les mener a la déesse Artémis de Rocca. Mais un vieux pêcheur qui revenait de la pêche est d’un autre avis; il vante la vertu du poisson qu’on nomme hippocampe (c’est le sy ngnathus hippocampus des naturalistes). On 1 écoute, on le ci oit. Il pi end dans sa barque un hippocampe, lui ouvre le ventre, en arrache les entrailles. Une partie de ces enti ailles, il la donne à manger aux enfants ; de 1 autre, avec du vinaigre et du miel, il fait un cataplasme qu'il pose sur les plaies. Et
les enfants guérirent, ditElien*.
Un autre traitement s’est conservé de 1 antiquité jusqu aux temps modernescomme croyance et comme pratique, c est le traitement par les bains, soit dans une piscine, soit de préférence dans la mer. « La mer, dit Iphigénie dans Euripide, lave tous les maux des hommes1 2 3 ». Suivant quelques-uns, dit le médecin latin Gelse,il faut mettre le mordu dans un bain ctle faire suer; et laver la plaie à découvert, afin de facilitci la sortie du virus ; si le patienta la frayeur de 1 eau, on le jettera à l’improviste dans une piscine qu il n aura pas v ue .