Cité dans P. Parfait, op. cit., p
2. Le R. P. Caries, Histoire du Saint-Suaire de Notre- Seigneur Jésus- Christ, p. 277, cité dans P. Parfait, op. cit., p.2U0.
3. Le P. Terwecoren, La Dévotion il saint Ignace de Loyola, p. 129.
APPENDICE
lais) et qui passe pour avoir été recueillie par Marie-Madeleine sur le tombeau de Lazare L’eau dans laquelle on a trempé la médaille de saint Benoît, une des plus puissantes amulettes chrétiennes, a les plus grandes vertus, et son efficacité s’étend jusqu’aux animaux. Voici, entre autres guérisons d’animaux, celle d’un chat malade de la gale.
Le visiteur lui conseilla de plonger chaque jour la médaille de Saint-Benoît dans le vase d’eau qu’elle avait coutume de mettre à Ja portée du chat pour qu’il allât s’y désaltérer. La dame lui objecta qu’elle y avait déjà pensé, mais que, dans la crainte de profaner une chose sainte en l’employant à un usage vulgaire, elle s’en était abstenue. Le visiteur lui répondit que la vertu de la Croix ayant réhabilité la création tout entière, elle pouvait être appliquée à tous les êtres qui sont utiles à l’homme. « Au reste, ajouta-t-il, Dieu sait bien que notre intention est pure, et que nous ne voulons que sa gloire; s’il nous approuve, il guérira la pauvre bête ; sinon, elle restera malade et il n’en sera que cela. » Là-dessus, il plongea la médaille dans l’écuelle d’eau et engagea la personne à continuer de le faire jusqu’à parfaite guérison de l’animal. Peu de jours après, la gale avait complètement disparu ; le poil était devenu parfaitement propre et l’on put constater une fois de plus que la bonté de Dieu s’étend à toutes ses créatures*.
C’est par un procédé analogue que dans des centaines d’églises de France — et sans doute aussi des autres pays catholiques — on gratte la statue ou la châsse du saint et on boit l’eau dans laquelle on fait dissoudre cette poussière. Le raisonnement des fidèles est celui-ci. 11 y a un personnage surnaturel, saint X... qui guérit ceux qui 1 invoquent et surtout de telle maladie ; tout ce qui vient de lui participe de sa puissance, — en vertu du principe matérialiste
1. Pèlerinage d’Allouagnc près Béthune, p. 17, cité dans Parfait, L’Arsenal de la dévotion, p. 318.
2. Dom Guéranger (abbé de Solesmes), Essai sur l’origine, la signifi, cation et le privilège de la médaille ou croicc de saint Benoit, 9° éd. (1885), p. 105.
EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DES RELIQUES
que nous avons déjà signalé ; — à défaut de ses reliques, la châsse où sont ses reliques aura cette vertu ; de même aussi son image, sa statue. Et pour beaucoup de fidèles à l’âme obscure, la statue n’est-elle pas le saint lui-même et un fétiche plus qu’une image? C’est cet instinct matérialiste des foules qui a donné son importance au culte des images, qui l’a imposé à l’Église, si bien que l’Église a dû l’accepter, quitte à le légitimer par des théories et des distinctions théologiques, lettre morte et incompréhensible pour la foule.
Ici nous sommes forcé de nous borner à quelques exemples caractéristiques :
Statue du Saint. — Au Petit Andely, en Normandie, saint Mamet est invoqué pour les coliques et les convulsions, surtout chez les petits enfants. Suivant le principe de la sympathie — qui est des plus importantes de la médecine populaire — comme c’est du ventre que l’on souffre, c’est au ventre du saint qu’on a recours. Après avoir fait dire un évangile, ce qui ne coûtait autrefois qu’un patard (deux sous), on appelle le sacristain.
Celui-ci gratte avec un couteau le ventre du bon saint Mamet : on recueille soigneusement sa raclure et on l'avale dans sa soupe. Une seule pincée de la précieuse poussière, mise dans la bouillie d un entant, lui ôte ses convulsions comme par enchantement.
A lorce de gratter le nombril de ce pauvre saint Mamet, on le lui a usé passablement... Aussi, pour cacher ce trou béant à son abdomen, on y a placé un petit tablier de soie verte qui lui donne 1 air d un cuisinier ou d’un garçon de salle de dissection. Puis de temps en temps, l’honnête sacristain lui remet un peu de baume au cœur au moyen d’une poignée de plâtre... La foi est aveugle et le pèlerin gratte de confiance le ventre toujours nouveau d’un saint qui est toujours le même1.
I. Boué (de Villiers), Le Pèlerinage de. la fontaine Sainte -Clolilde aux Andelys, p. 39.