CHAPITRE DEUXIEME
cureur de cette localité fut mordu par un loup enragé : se sentant en danger de mort, il eut recours au saint, et, pour s’assurer plus certainement sa protection, fit vœu de lui donner [c'est-à-dire de donner au monastère] te cheval dont il usait dans ses courses. Dans ce lieu se trouve, en effet, un remède absolument efficace contre cette horrible maladie, pourvu que le malade ait une foi véritable et observe les conditions prescrites pour recouvrer la santé. Un fil d’or de l’étole très sacrée fut donc, suivant l’usage, inséré dans le front du blessé et, ayant reçu l'indication des prescriptions à suivre il retourna chez lui. A mesure que le temps s’écoulait, il avait moins de crainte et il était plus sur de guérir; il ne voulait plus exécuter son vœu ; il prétendait même n’en avoir pas fait. Un joui' pourtant, il se trouva avoir à passer par le monastère. 11 attache son cheval à quelque distance et va prier devant la porte de l’église. Sa prière faite, il voit avec étonnement son cheval à côté de lui. 11 le monte et veut partir, mais le cheval ne bouge. Les passants s’assemblent et se moquent de lui ; mais plus il excite son cheval, plus celui-ci s’attache à l’église. Sacristains et moines arrivent et sont témoins du même spectacle. On comprend qu’il en va ainsi parce que le vœu n’a pas été tenu. Instruit par ce miracle, le procureur laisse son cheval au monastère et s’en retourne à pied1.