CHAPITRE TROISIEME
IL nous faut maintenant du xvc siècle passer au xvn6 , époque oùla Sorbonne, c'est-à-dire la Faculté de Théologie de Paris, fut consultée sur l'efficacité de la neuvaine de Saint-Hubert.
Jacques de Sainte-Beuve (mort en 1677) « docteur de la maison et société de Sorbonne, professeur du roy en théologie, » dans son grand ouvrage, Résolutions de plusieurs cas de conscience touchant la morale et la discipline de l' Eglise. (Paris, 1692), intitule son CXIIP cas: Pratique superstitieuse pour se préserver de la rage' . De Sainte-Beuve reproduit la formule de la neuvaine, avec le certificat qui la terminait dans l’exemplaire qui lui fut soumis : « Le soussigné, Religieux, certifie avoir taillé Jacques Lypos de Fresnc, proche Péronne, évêché de Noyon, le vingt-trois janvier 1671. D. Alexis Golart, trésorier. »
De Sainte-Beuve fait suivre ce document de la consultation suivante :
Messieurs les docteurs sont suppliés de donner leur avis sur cette pratique, et si elle peut être tolérée, ou si elle ne doit pas être retranchée.
Les docteurs en théologie soussignez, déclarent avoir plusieurs fois répondu : que cette pratique est blâmable et superstitieuse, qu’elle ne peut être tolérée, mais qu’elle doit être retranchée, laquelle réponse a été faite après avoir vu l’avis des docteurs de la Faculté de médecine de Paris, parmi lesquels étaient MM. Brayer et Dodart, qui l’ont condamnée en ce qui regarde le coucher, la nourriture et autres choses qui appartiennent à leur profession ; comme les soussignez l’ont condamnée en ce qui regarde les neuf confessions et communions en neuf jours consécutifs; le déliement du bandeau par un prêtre; l’obligation de faire la fête de saint Hubert; le pouvoir de donner répit de quarante jours, le tout étant superstitieux. En foi de quoi ils ont signé cejourd’huy 10 juin 1671.
11 n’est point question ici de l'invocation à saint Hubert (la consultation est muette sur ce point) mais seulement