‹ La rage & st-HubertChapitre 65 sur 168 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

rage. On sait que Dieu relève la gloire de ses saints par les miracles que leurs reliques produisent. Les mouchoirs et les ceintures, ou les autres linges qui avoient touché le corps de saint Paul, guérissoient les malades et faisoient sortir les esprits malins du corps des possédés. On a vu dans tous les siècles de semblables effets des reliques des Saints; et Ton voit encore tous les jours à Riom en Auvergne, ce que Grégoire de Tours avoit appris et vu môme, que les Energumènes étoient délivrez, que ceux qui sont piquez par des serpents sont infailliblement guéris, dès qu’on leur fait toucher la dent de saint Amable. La cérémonie se fait au son de cloche, pour averiir le peuple de se rendre à l’Église, où l’on fait quelques prières, sans aucune observation superstitieuse et sans employer aucun remède1.

On voit que les théologiens hostiles ne motivaient pas tous de môme leur condamnation. Le curé Thiers et, semble-t-il, Gerson condamnaient à la fois le pèlerinage à Saint-Hubert et la taille. Les docteurs de la Sorbonne, de Sainte-Beuve, et après eux le P. Le Brun, paraissent n'avoir condamné que la ncuvaine. Ils ne disent pas leurs motifs : peut-être était-ce sous une influence janséniste, et les neuf communions pendant neuf jours consécutifs leur paraissaient-elles un excès et un abus (cet article de la neuvaine a été modifié depuis et on n'exige plus que le maintien de l’état de grâce); peut-être les pratiques d’ordre naturel leur déplaisaient-elles justement parce qu'elles étaient d’ordre naturel et semblaient concourir à une guérison qu’on devait demander seulement à une intercession surnaturelle. On voit en effet que le P. Le Brun ne trouve rien à redire à ce qui se fait à Riom (toucher avec la dent de saint Amable les personnes piquées des serpents) parce que cela se pratique « sans aucune observation superstitieuse et sans employer aucun remède. »

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