‹ La rage & st-HubertChapitre 7 sur 168 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dioscoride1 ; il est encore ordonné par un médecin du xvil6 siècle, La Martinière, « médecin et opérateur ordinaire du Roi2 3 », et de notre temps le peuple l’applique encore en différents pays. D'autres fois c’est le cœur que l'on fait cuire et que l’on mange, d’autres fois la tête*. On attachait aussi au blessé, dit Pline, un ver pris sur le cadavre du chien4 5 ; c’était sans doute le fameux ver de la langue qui était censé donner la rage. La dent du chien qui a\ait mordu mise dans une petite vessie, dit Dioscoride, et poilée au bras comme une amulette, était un autre remède .

C’est à cette même croyance de la sympathie et de l’influence des noms qu’il faut rapporter l’emploi de deux plantes qui ont du chien dans leur nom. « Le seul remède contre la morsure du chien enragé, dit Pline, a été indiqué récemment comme par un oracle, c’est la racine de rosier sauvage qu’on appelle cynorrhodon, littéralement « rose de chien6 » : c’est aussi un des noms populaires en France et en Angleterre ( dog-rose ) du rosier sauvage ou églantier, parce que c’est une plante sans parfum et sans valeur à côté du véritable rosier ; et Pline, avec sa crédulité ordi-

1. Dioscoride, Mat. mcd. II, 49; Pline, llist. i\at., XXIX, 32; Black, op.cit., p. 119; Dver, op. cit., p. 143; Strakerjan, op. cit ., t. I, p. 81 ; Andry, op. cit., p. 61 et 327; Brouardel, art. liage (Dict. encycl. des sciences médic., 3e série, t. 11,(1874), p. 189; Alemannia, t. V, p. 6"~.

2. Voir Andry, Recherches sur lavage, Paris, 1780, p. 327. « Dans le même chapitre, noire auteur (La Martinière) prétend avoir préservé de la rage plusieurs personnes mordues par un loup enragé, en leur faisant manger de la chair de ce loup et en mettant de cette chair sur leur plaie pendant vingt-quatre heures; puis faisant panser les plaies avec son emplâtre angélique ou onguent royal. « Andry remarque, du reste, pour son propre compte (p. 61) à propos du foie du chien enragé, « que ce remède désagréable ne mérite aucune attention et qu’il doit être proscrit ».

3. Gregor, Folk-Lore of N . E. of Scotland , p. 127, et ouvrages cités plus haut.

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