CHAPITRE TROISIEME
Balzac (qui écrivait on 1810) donne des exemples curieux de cette influence de l’imagination dans la rage. La constriction de la gorge dans la dernière période de la maladie pouvait du reste faciliter l’illusion chez les observateurs, et faire croire que l’homme mordu était en quelque sorte enchienné et aboyait comme un chien.
Il n’y a pas jusqu a la voix qui [ne] se transforme en aboiement, et on a vu des sujets enragés ayant absolument perdu la parole jeter l’effroi dans l’âme de tous les assistants, en faisant entendre pour tout langage les lugubres hurlements des chiens et des loups h
Et Balzac ajoute :
Sur les épouvantables effets de la rage, voy. p. 152, 2° part, du tome IIe, in-4, année 1783 de l’Hist. de la Soc. Roy. de médecine de Paris ; ibid. , p. 214 et 225, on trouve les circonstances où la voix et le langage des hommes enragés se sont changés en aboiements et en hurlements de chiens et. de loups. Même volume, p. 145, une dame ayant eu des accès de rage tous les sept ans, pendant plus de trente ans, commençant toujours parle bras mordu ; même page, la femme Ricard en être attaquée pendant les quatre premiers mois de onze grossesses; une domestique préservée aussi de la rage, prise d’un léger délire et avoir horreur de l’eau toutes les années au temps où elle avait été mordue d’un chien enragé, et des accès de sept jours en sept jours pendant tout ce temps.
Les aboyenses de Josselin, en Bretagne, nous fournissent l’exemple parallèle d’une maladie nerveuse où certaines crises ressemblent aux fureurs de la rage. Nombre d’écrivains sur la Bretagne en parlent, et il en est aussi question dans les Petits Bollandistes , t. Y, p. 151 ; mais nous prendrons pour guide un professeur de philosophie à la Faculté