CHAPITRE TROISIEME
tètes, et enfin, le plus caractéristique, un avant-bras droit avec sa main ouverte, tout à fait semblable au bras droit des images de Notre-Dame-du-Roncier, représentée d’ordinair etenant son enfant du bras gauche et tendant légèrement le bras droit en avant, comme pour demander l’aumône. De là, peut-être, la légende qui la fait apparaître aux lavandières sous la figure d’une mendiante. Il y a une ou deux peintures représentant des gens en prière devant l’image de la Vierge, mais rien concernant le miracle des aboyeuses. L’intercession de Notre-Dame-du-Roncier est, du reste, implorée contre toute sorte de maux et pour toute sorte de grâces.
Les aboyeurs ne sont pas particuliers au territoire et au pèlerinag-e de Josselin. « Nous en avons vu ailleurs, dit M. Nicol, atteints du même mal et trouvant de la même manière leur guérison ; à Sainte-Anne, par exemple , et à Notre-Dame de Kerdroguen, en Saint-Jean-Brevelay. C’étaient des exceptions ; la plupart d’entre eux s’empressait d’accourir au sanctuaire de Josselin L »
Le délire des aboyeuses tient, de loin, à la lycanthropie et il appartient à la même classe de maladies mentales. La lycanthropie est le pouvoir de certains hommes de se transformer, en loup en Europe, en d’autres animaux dans d’autres parties du monde, pour aller, sous cette forme, satisfaire (surtout la nuit) des instincts sanguinaires. Au xvne siècle, il y eut encore des hommes condamnés pour ce crime, et condamnés de leur propre aveu, ce qui indique bien une maladie mentale. Une crovance de ce srenre ne peut manquer de créer, chez les hommes atteints de cette illusion, l’instinct d’imiter l’animal dans lequel ils se croient transformés. En Abyssinie, où la hyène remplace le loup de nos climats, voici comment un voyageur décrit cette maladie: L’homme atteint commence à gronder, à rugir et à pousser des cris qu’on ne peut mieux comparer qu’au hurlement d'une hyène. Il ne marche plus droit, mais à